Secours populaire : une permanence à Lille 1
Publié le vendredi 25 septembre 2009 à 06h00
L'organisme caritatif a ouvert sa première permanence universitaire mardi sur le campus de Villeneuve d'Ascq. Une centaine d'étudiants y souffriraient de précarité.
CAROLINE HEURTAULT > region@nordeclair.fr
Franchir la ligne. En choisissant d'ouvrir un guichet hebdomadaire dans l'enceinte de l'université de Lille 1 à Villeneuve d'Ascq, le Secours populaire et la faculté ont passé la frontière traditionnellement établie de longue date en France entre éducation et charité, provoquant l'indignation de la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, qui s'est dite « choquée » par cette initiative. « Je suis triste de me réjouir de ce partenariat », résumait pour sa part Hélène Ducourant, membre étudiante du conseil d'administration de l'université, lors de son ouverture, mardi. Car ils seraient nombreux, côté étudiants, à ne pas oser passer le seuil de la charité. Sur le terrain, assistantes sociales et infirmières estiment à une centaine le nombre d'étudiants qu'on peut qualifier de « précaires » sur le campus.
« Nous espérons que l'implantation d'une permanence d'aide alimentaire permettra de mieux repérer les étudiants en difficulté, car la crainte de répercussions sur leur suivi universitaire les dissuade souvent de s'adresser à l'administration », analyse Sandrine Rousseau, vice-présidente en charge de la vie étudiante à Lille 1.
Parmi les antennes lilloises du Secours populaire, où 4 à 5 000 personnes se pressent chaque semaine pour retirer l'équivalent d'un chariot de nourriture, les animateurs dénombrent environ 300 étudiants - étrangers pour plus de la moitié, dont une proportion relativement importante de Maghrébins et de Kenyans.
Moins de 3 000 en 2004, les jeunes ressortissants de pays hors Union européenne sont aujourd'hui plus de 3 500 à étudier à Lille 1.
Aucune bourse
Leur situation est d'autant plus délicate qu'ils ne peuvent prétendre à aucune bourse de la part de l'Éducation nationale. En 2008, un Fonds national d'aide d'urgence a été créé à destination des étudiants non éligibles aux bourses, mais une partie de ces aides sont elles aussi conditionnées au statut de réfugié ou d'apatride où à la durée de résidence en France.
La précarité porte par ailleurs des visages multiples. Près d'un tiers des étudiants de l'académie bénéficient de bourses sur critères sociaux et 40 % des étudiants du campus de Villeneuve travaillent 12 à 15 heures tout au long de l'année. Face à ce constat, le secrétaire général de la fédération du Nord du Secours populaire, Jean-Louis Callens, fait savoir qu'il sollicitera les collectivités pour participer à l'effort du Secours. Sans exclure le développement de microcrédits à partir de dons recueillis par les étudiants volontaires.





