Le recours au religieux pour apaiser les esprits ?
Publié le samedi 19 septembre 2009 à 06h00
Le centre social Lazare-Garreau a invité jeudi une association musulmane à venir apaiser les tensions nées d'une agression au couteau. Le discours a pris un tour religieux qui pose question.
BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr
Peut-on, dans un espace par nature laïc, organiser des conférences à connotation religieuse ? C'est la question qui se pose après la rencontre organisée jeudi au centre Lazare-Garreau par l'association des Jeunes Musulmans de France (JMF), qui semble avoir dérivé vers un sermon religieux avec citations du Coran à l'appui.
Cette organisation oeuvre principalement pour de la jeunesse, notamment dans le domaine culturel, et vise à faire des jeunes des citoyens à part entière.
C'est également un groupe proche de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), et qui anime de temps à autre des veillées de prière à la mosquée de Lille-sud. D'où une double casquette qui peut parfois prêter à confusion.
En l'occurrence, la soirée de jeudi avait pour but d'« apaiser les esprits » et de « tirer des leçons », après une série d'accidents mortels ayant touché des jeunes de Lille-sud, et surtout après le coup de couteau reçu dimanche dernier par un ado de 15 ans. « Cette affaire a fait du bruit dans le quartier, et des jeunes se sont mis à chercher le suspect, précise Khalid Berkani, directeur du centre social. On a décidé avec la JMF d'axer la rencontre, qui était déjà prévue, sur ce thème. C'est une asso de jeunes dynamiques, c'est ce qui nous intéresse, pas le fait qu'ils soient musulmans. » Les débats ont été menés par Fatah El Otmani, président des JMF de Lille, qui était accompagné par un cadre de la mosquée de Lille-sud. Selon La Voix du Nord, présente sur place, le discours sur les valeurs a été fortement teinté de religieux, avec des références à Allah, Mahomet, et au Coran.
« Un dérapage »
Un grand écart avec la laïcité qui n'est pas du goût de Marc Bodiot, adjoint au maire en charge des centres sociaux. S'il reconnaît que ces derniers sont « libres d'inviter qui il veulent », l'élu se dit « choqué » de ces allusions religieuses. « Je pense surtout qu'on ne devrait pas avoir besoin d'en appeler aux religions pour calmer les tensions ou appeler au civisme ! », lance-t-il.
Rachid El Ouahab, responsable du pôle jeunesse du centre social Lazare-Garreau, reconnaît un « dérapage » mais se défend de toute propagande islamique. « Fatah s'est trouvé en présence de musulmans, et a fait référencer à des valeurs musulmanes, c'est vrai qu'il a dérivé et qu'il n'aurait pas dû, reconnaît-il. Mais ce n'était pas notre objectif. On n'est pas là pour faire du prosélytisme, et d'ailleurs, on invite régulièrement des représentants des autres religions ! » Certains interlocuteurs du centre social semblent toutefois surpris qu'on s'interroge à ce sujet : « Vous savez, ce n'est pas la première fois que les JMF organisent ce type de débat », nous glisse-t-on. Même Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille-sud, trouve « normal » qu'on parle de religion dans un centre social : « La pratique, c'est pour la mosquée, mais le reste, cela peut très bien avoir lieu ailleurs, estime-t-il. On ne peut être un musulman à temps partiel, et la société a besoin qu'on lui parle de religion. »


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...
lorenzo : ...