La liquidation de l'ADAR confirmée à Lille
Publié le samedi 04 juillet 2009 à 06h00
Le tribunal de grande instance de Lille a prononcé la liquidation judiciaire de l'ADAR. La fermeture définitive de l'association, vieille de 42 ans, pose la question de l'aide à domicile en direction des personnes âgées.
MARTIN VANDEN BOSSCHE >lille@nordeclair.fr
Pas de pleurs, juste du dépit. Devant le Palais de Justice de Lille, hier matin, les salariés de l'ADAR ne sont pas surpris. Ils s'y attendaient. Le tribunal vient de prononcer la liquidation judiciaire de cette association spécialisée dans l'aide à domicile en direction des personnes âgées.
Dans sa décision, le tribunal a laissé quelques semaines de sursis à l'association, le temps que ses 2 000 clients trouvent une solution alternative. L'ADAR Lille cessera donc ses activités le 31 juillet.
« C'est un immense gâchis », déplore Françoise Woets, déléguée syndicale FO. « S'ils avaient écouté notre alerte en 2005, on aurait pu sauver l'association. » Rien n'y a fait. Désaccords entre les salariés et la direction, financeurs qui font la sourde-oreille, le déficit de 547 000 E découvert en 2005 n'a pu être résorbé, malgré le besoin important en aide à domicile.
La mise en redressement judiciaire, le 5 juin dernier, n'a pas non plus permis de trouver une solution. Des repreneurs potentiels ont manifesté leur intérêt, sans aller plus loin.
« Tout libéral »
La présidente de l'association a exprimé « sa tristesse et son indignation, tant pour les personnes aidées que pour les salariés.
» Mais surtout, Anne-Marie Ecrepont a dénoncé une situation qu'elle juge de plus en plus dangereuse : « On ne pourra plus continuer longtemps à jongler avec les paradoxes : préconiser le maintien à domicile d'un côté et, d'un autre, ne pas donner aux structures qualifiées les moyens pour le faire. Gare au tout libéral ! » Didier Manier, vice-président du conseil général en charge des personnes âgées, va dans le même sens. Il ne nie pas que l'association avait ses problèmes internes. Mais il replace la liquidation dans son contexte national : « Depuis les lois Borloo, les associations sont dans un contexte de concurrence. Celles, comme l'ADAR, qui avaient une convention collective, pour les salariés, et une garantie de qualité, pour les usagers, voient apparaître d'autres associations qui n'ont pas les mêmes contraintes de gestion. » Pour la CGT, cette concurrence avait déjà conduit l'ADAR à changer ses méthodes. « Nous ne faisions plus de social. Les personnes que nous aidions étaient devenues des clients. L'association était gérée comme une entreprise. » À la fin du mois, 380 personnes seront licenciées et bénéficieront d'une cellule de reclassement. Françoise Woets de conclure : « En attendant, il faudra toujours lever et laver les gens. Tout ce que les personnes âgées souhaitent, c'est de garder la même personne pour les aider. » Malheureusement, cela risque bien d'être compliqué.





