D. Poliautre : l'adieu à une écocitoyenne
Publié le jeudi 02 juillet 2009 à 06h00 - LAURIE MONIEZ > laurie.moniez@nordeclair.fr
Maudit cancer qui, après avoir emporté Loïc Leserre, s'en est pris à Danielle Poliautre. A 65 ans, l'adjointe au développement durable s'est éteinte dans la nuit de mardi à mercredi. Elle laisse derrière elle le souvenir d'une vraie militante. Tous saluent son combat écologique.
L'histoire dit que son combat pour l'environnement et le développement durable lui vient de son enfance, passée en partie dans une courée roubaisienne avec ses cinq frères et soeurs. Son père, ouvrier du textile, souffrait d'asthme à force de respirer les fibres de coton. Logique alors de se battre pour un monde meilleur, plus sain.
Danielle Poliautre, c'était « la papesse du développement durable », disait son amie Martine Aubry. C'était surtout une femme de conviction qui jusqu'au bout s'est battue avec altruisme pour protéger l'Homme et son environnement. Pour preuve encore, cette phrase glissée il y a trois jours à l'oreille du 1er adjoint : « Il faut que tu veilles à ce que le document de l'Agenda 21 soit beau... » Cohérente avec ses convictions au point de ne pas avoir de voiture ni de téléphone portable, celle qui s'est battue avec force contre les antennes relais, est décédée d'un cancer foudroyant. En deux mois. Martine Aubry, qui ne l'a pas quittée ces dernières semaines, nous raconte, émue : « Danielle était capable de nous engueuler quand on avait un portable à l'oreille ou de fermer le robinet quand l'eau coulait ! C'était une femme universelle qui se battait pour changer le monde, toujours avec cette énergie et avec un champ très vaste qui allait du local au mondial, de l'écologique au social.
» Lorsque Martine Aubry l'avait décorée de la médaille de chevalier dans l'ordre national du mérite en juin 2000, Danielle Poliautre avait confié : « Je ne me considère pas comme exceptionnelle. La vie associative est une grande école de citoyen, où l'on peut tous dépasser nos compétences ».
Face au géant Metaleurop
Née dans la Drôme, cette maman de quatre enfants avait débuté son engagement en aidant à la création de sections CFDT à La Redoute et aux assurances la Lilloise. Entrée au PC en 1974, elle choisit de rendre sa carte pour conserver sa parole libre. Dès 1983, elle anime une association régionale : Environnement et Développement Alternatif. EDA, c'est plus de vingt années à lutter contre la pollution des sols de Metaleurop. Alors qu'elle anime un collectif régional d'une quinzaine d'associations de défense de l'environnement, elle participe à la Conférence de Rio en 1992. Elle devient présidente de la MNE en 1996. En juin 2000, elle accepte l'offre de M. Aubry d'entrer dans son équipe au sein du groupe des Personnalités pour mettre en oeuvre l'Agenda 21 lillois. Adjointe depuis 2001, présidente du conseil de quartier de Wazemmes, cette écologiste n'aura cessé de semer des graines de développement durable dans tous les dossiers de la ville. Des graines qui vont désormais pousser sans elle mais qui seront suivies par l'oeil bienveillant de ses collègues. Nord Éclair adresse ses sincères condoléances à son mari, ses enfants et petits-enfants. Les obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité familiale.





