Sports de Lens

Mopsus : « C'est incompréhensible »

Publié le 14/09/2012 à 00h00

Entre désarroi et incompréhension, l'ancien entraîneur et manager du Liévin Basket 62 évoque la fin d'un club qui, sportivement, devait viser les play-offs en fin de saison.

Mopsus : « C'est incompréhensible »
Entre désarroi et incompréhension, l'ancien entraîneur et manager du Liévin Basket 62 évoque la fin d'un club qui, sportivement, devait viser les play-offs en fin de saison.


STÉPHANE LEULIER > stephane.leulier@nordeclair.fr
Son désarroi est profond. L'ancien entraîneur de Pau-Orthez (Pro B), arrivé à Liévin il y a un peu plus de deux ans pour prendre la suite de Pierre Besson ne comprend pas. Tenu au courant des problèmes financiers du club par son président Alain Bogaert, il a navigué à vue, au gré des revirements, jusqu'à ce que le club finisse par déposer le bilan. Et que soit prononcée, mardi par le tribunal de grande instance de Béthune, sa mise en liquidation judiciaire.
Dans les faits, l'entraîneur n'est plus payé depuis le 30 juin. Mais, au-delà du souci financier évident, qu'il partage avec certains joueurs de l'effectif qui n'avaient que leur statut de joueur pour gagner leur vie, c'est son investissement et les choses qu'il avait patiemment mis en place qui s'effondrent.


Un épilogue douloureux pour ce perfectionniste qui avait su fédérer autour de son projet, tout en comprenant le rayonnement qu'aurait pu avoir le Liévin Basket 62, phare de l'Artois en basket.
« Le président était venu me chercher, rappelle-t-il. Nous étions sur un projet pour amener le club en Pro B. Il fallait monter une structure capable de l'y faire parvenir et de l'y stabiliser. Il fallait travailler à développer le club pour qu'il soit identifié sur le plan local et, par ailleurs, l'unifier. Il y avait dix entraîneurs quand je suis arrivé. Aujourd'hui, il y en a 26, qui travaillaient tous avec la même philosophie. On avait réussi à créer une passerelle entre les différents niveaux ». Et tout cela, donc, est du passé.

Une équipe invaincue
« Je suis en colère, reprend Laurent Mopsus. En trois semaines, nous sommes passés d'un club qui construisait une équipe pour jouer les play-offs en fin de saison à un problème de trésorerie qui s'est ensuite transformé en liquidation judiciaire. C'est incompréhensible » . Ce que l'entraîneur attend, c'est une explication « des personnes habilitées à le faire ». Et pour cause. Comment expliquer qu'un club passe de vie à trépas pour 60 000 euros, soit dix pour cent de son budget, alors qu'il avait jusque-là, depuis une dizaine d'années, trouvé le moyen de faire patienter ses créanciers pendant les quelques mois où son compte bancaire était à découvert ?
Reste donc l'expérience acquise par l'entraîneur. Souvent dans la douleur. « On a eu une croissance difficile. Nous avons dû faire preuve de ressources pour rester en N1. Mais, la saison dernière, nous étions la troisième meilleure défense du championnat. L'idée était de construire sur cette force, tout en rendant plus performant notre secteur offensif ». Le recrutement ne fera pourtant jamais ses preuves. Ironie. « On a dû faire la photo d'équipe nous-mêmes. Les joueurs n'étaient plus payés mais ils jouaient encore. On a été à Denain, le week-end dernier, alors qu'on savait que le club passait devant le tribunal le mardi suivant. Pour nous, c'était important d'avoir le souvenir que cette équipe a bien existé. Nous resterons invaincus... ». Il faudra s'en souvenir pour rebondir ailleurs. « J'ai une pensée spéciale pour ma famille, pour ma femme et mes enfants , termine Laurent Mopsus. Ils m'ont soutenu dans mon engagement total à Liévin ». Malheureusement, toutes les histoires ne terminent pas bien.w

Nord Éclair