Vous êtes ici : Accueil > Locales > Lens > Environs de Lens

HENIN BEAUMONT

Faut-il proposer des repas halal au menu des cantines scolaires ?

Aucune des communes du secteur ne propose de plats halal à la cantine... PHOTO ARCHIVES CHRISTOPHE LEFEBVRE Aucune des communes du secteur ne propose de plats halal à la cantine... PHOTO ARCHIVES CHRISTOPHE LEFEBVRE

Faut-il mettre en place des menus halal dans les cantines scolaires ? La question n'est pas neuve, mais elle vient d'être posée à Libercourt où des parents d'élèves s'insurgent de ce que leurs enfants ne bénéficient pas de menus adaptés à midi. Côté mairie, très zen, on brandit l'argument de la cantine laïque.




PAR ANNA MORELLO
henin@info-artois.fr La lettre est arrivée en mairie de Libercourt la semaine dernière. Elle est signée de la présidente des parents d'élèves de l'école Jaurès, dans le quartier de la Faisanderie. Le contenu ? En gros, qu'il est inacceptable que des enfants aillent en classe le ventre vide sous prétexte que la mairie refuse de mettre en place des menus halal à la cantine. « Moi je paie la cantine, et mes enfants certains midis ne mangent qu'une tartine, ça n'est pas normal ! » Jointe par téléphone, Tauria, la maman en question, affirme être le porte-voix d'autres familles dont les enfants sont en primaire et au collège. « Ça fait un an et demi qu'on réclame ! J'ai contacté le traiteur, il me dit qu'il faudrait que la mairie le demande pour qu'il le fasse. Mais le maire n'est pas d'accord. »


« Pas de halal,
point final ! »

Pas d'accord, c'est rien de le dire. « La commune assure la cantine depuis 20 ans, s'exclame Daniel Maciejasz. Nous n'avons jamais eu de problème ! Nos menus sont parfaitement adaptés ! Je ne peux pas laisser dire que je laisse les gamins le ventre vide, c'est faux ! Nous proposons des menus pour les enfants qui ne mangent pas de porc, nous faisons des menus pour les régimes médicaux, tout est élaboré avec une diététicienne !
Mais du halal, il n'y en aura pas, point final ! » Car pour le maire, comme pour son adjoint aux écoles, céder à cette requête serait comme mettre le doigt dans un engrenage dangereux. « On sépare déjà la sauce des pâtes bolos pour que les gamins concernés puissent manger les pâtes, on propose des légumes avec tous les plats, ceux qui veulent manger halal peuvent manger des légumes, des féculents, un dessert... On ne peut pas aller plus loin. Sinon, on ne servira plus de yaourt, parce qu'il y a de la gélatine dedans... », explique Alain Cottignies. « La cantine est laïque et républicaine ! D'ailleurs, on ne met pas de poisson au menu du vendredi. Parce qu'après, jusqu'où on va aller ? » La commune fournit 300 à 350 repas par jour en primaire et au collège. Ces plateaux sont préparés chez Dupont Restauration, l'un des plus gros traiteurs de la région, spécialisé dans la restauration collective. Le contenu répond à des critères précis, déterminés en commission municipale et spécifiés par contrat après appel d'offre. « Même si on voulait modifier le contenu, nous devrions attendre la fin du contrat avec le traiteur, en juin », reprend l'adjoint. Mais le maire le réaffirme, point d'halal à l'horizon.

Techniquement compliqué
D'abord parce que ce serait trop malmener la laïcité. Mais au-delà, techniquement, la mise en oeuvre d'une restauration collective halal (ci-dessous) s'avère compliquée. Chez Dupont Restauration, on fournit des repas en collectivité dans toute la région. À lui seul, le pôle situé sur la zone des Portes du Nord prépare 14 000 repas par jour, pour des scolaires, des maisons de retraite... Ici, la collectivité, on connaît, comme en témoigne Pascal Verquin, directeur régional. Pour lui, le premier obstacle est le cahier des charges. « Pour décrocher le contrat des cantines d'une commune, on répond à un appel d'offre. Si la commune n'y précise pas qu'elle veut des plats halal, on ne le fait pas. Nous répondons scrupuleusement au cahier des charges, sinon nous ne serions pas retenus. » Et quand bien même la commune ferait la demande, « Je ne sais pas si on pourrait répondre... » Car les critères exigés par les normes européennes (auxquelles souscrit le traiteur) sont élevés. « Et aujourd'hui, la filière d'approvisionnement halal n'est pas assez fiable selon nous. Aucun fournisseur ne répond aux normes européennes, il n'y a pas de traçabilité... Et comme pour les produits bio, la gamme est très limitée, donc les menus seraient très répétitifs. » Sans parler des prix... « Forcément, dès qu'on parle de quantité réduite, on passe sur des prix exorbitants ! » Pour l'heure, la société n'a jamais eu à répondre à une telle demande dans aucune des communes dont elle gère la cantine. Et il y a fort à parier que Libercourt ne sera pas la première.


Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Dessin du jour

Hollande enfariné "Hollande enfariné"

Cinéma

JC comme Jonathan Zaccai JC comme Jonathan Zaccai

L'acteur jusque-là abonné aux seconds rôles débarque sur les écrans avec « JC comme Jésus Christ ». Un film OVNI, docu-fiction autour d'un réalisateur de 18 ans, qui a tout gagné, mais tente de passer son bac. Une histoire entre absurde et satire de la grande famille du cinéma.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.75/4

Les autres sorties

Un thriller d'espionnage à l'ancienne

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...