PAR CAMILLE RAAD
lens@info-artois.fr La bâtisse est majestueuse, seuls deux immenses cèdres bleus du Liban lui font de l'ombre. Catherine rayonne. Juste au-dessus d'elle, au premier étage, trois chambres d'hôtes, dont une suite, viennent d'ouvrir. Avec elles, un nouvel horizon professionnel et personnel pour la jeune femme de 39 ans.
Originaire de Desvres, elle arrive à Liévin il y a six ans, avec Vincent, son mari. Il y a un an, le couple achète cette demeure de 1927 qui « n'était pas habitable de suite. Pas mal d'entreprises sont intervenues pour des travaux, notamment d'isolation. La chaudière était plus ancienne que moi ! » Catherine et Vincent s'y installent avec leurs deux filles. « On s'est dit : la maison est trop grande - 295 m² et on n'est que quatre -, mais ça donne des idées... » Un article sur le manque d'hébergements de tourisme en vue de l'arrivée du Louvre-Lens finit de les convaincre.
D'autant que Catherine, responsable de magasin, souffre de peu voir ses petites. « Je faisais énormément d'heures, elles étaient constamment en nourrice, à la garderie... » La création de chambres d'hôtes sonne comme une évidence. « J'ai toujours travaillé dans le commerce. Je voulais arrêter mais ne pas être coupée du monde. Les chambres d'hôtes, c'était le moyen de continuer de voir des gens, de communiquer, d'apprendre des autres », en profitant pleinement de sa vie de famille, de couple.
Travailler le corps de la demeure, garder son âme La cellule porteurs de projets d'hébergements de tourisme (office de tourisme, Département, CALL) visite la maison, confirme son potentiel.
Catherine et Vincent profitent d'une réunion avec Gîtes de France pour rencontrer des propriétaires en activité et se rassurer, notamment sur la possibilité de garder une certaine intimité. Catherine démissionne. C'est le début de l'aventure. Et des travaux, « de février à fin juin, du matin au soir, sept jours sur sept ». Le plancher est restauré, les fenêtres changées, des sanitaires créés dans chaque chambre, etc. Son époux s'occupe de la plomberie, de l'électricité. Elle gère la déco, « en gardant l'âme de la maison », à l'instar de cette cheminée en marbre dans une salle d'eau, de cette grande porte de placard recyclée en tête de lit. Des murs aux draps, des tons pastels et un « petit style Gustavien », avec des touches modernes pour ne pas tomber dans « le rustique ».
Cela a un coût, allégé par des subventions (conseil général, CALL) : « 35 % du montant hors taxes pour les travaux, hors déco.
» Le couple n'aurait bénéficié que de 25 % s'il ne s'était pas positionné sur une thématique particulière. Elle aurait pu être « sportive, culinaire... N'étant pas douée en cuisine, j'ai choisi le bien-être ! » Un choix également motivé par les conseils de Gîte de France : « On nous a dit qu'il y avait une demande au niveau de la classe affaire. Que celle-ci aimait bien le service bien-être pour se détendre, passer une soirée sympa. » Un jacuzzi, un sauna et une grande terrasse de toit exposée sud-ouest complètent le tableau. Les visiteurs peuvent aussi flâner dans les deux jardins de la maison.
Une maman plus zen Malgré l'investissement, Catherine ne veut pas non plus se sentir prise à la gorge, elle souhaite continuer à vivre, à partir en vacances.
Elle a choisi de financer ses chambres sans contracter d'emprunt, en choisissant de revendre son appartement à Boulogne. Un meublé qui lui a offert un petit aperçu du monde du tourisme, dont elle fait désormais partie. Sa conception de l'accueil ? « Avec sourire et respect.
» Un sourire qu'elle retrouve sur les visages de ses petites Marilou et Olivia, 8 et 10 ans. « Si vous les aviez vues quand les premiers hôtes sont venus... Elles sont ravies. Ce qu'elles comprennent surtout, c'est que maman est beaucoup plus disponible. Et plus zen. » On reste dans le thème. Retrouvez les précédents volets de cette série, parus les samedis 4 et 11 août.