Le constructeur peut compter sur une aide publique de plus de 4 millions d'euros, provenant de l'État, de la Région, de l'Europe et du syndicat mixte du parc industriel Artois-Flandre. Le coup de pouce financier observe toutefois une contrepartie sociale. La Française de Mécanique (3 165 CDI) s'engage pendant cinq ans à maintenir un certain niveau d'emploi, en l'occurrence 3 137 équivalents temps plein. « Il leur reste quand même une petite marge pour supprimer des postes, d'autant que la moitié des salariés partiront à la retraite dans les dix ans », regrette Alain Labarre, lequel s'était positionné contre l'obtention d'aides publiques en faveur d'un groupe « qui fait des bénéfices ». « Lorsque l'accord a été négocié avec les autorités publiques, les effectifs étaient à 3 300 CDI. Pourquoi ne pas avoir essayé de les maintenir à ce niveau ? », reprend le secrétaire de la CGT-FM.
Le syndicaliste milite pour le principe d'un départ, une embauche. Une règle voulue qui fait plutôt figure d'exception depuis plusieurs années, même si 2011 a été stable. « La moitié des embauches l'an dernier provient des anciens de Sevelnord (Nord), précise Alain Labarre. Nous avons toujours été solidaires sur ce point à la FM mais ce sont encore des emplois que PSA supprime. » Au plus fort de son activité au début des années 2000, la Française de Mécanique comptait plus de 5 000 salariés, dont près de 800 intérimaires qui faisaient office de variable d'ajustement. Ils ne sont pas plus qu'une centaine actuellement sur le site.
Les effectifs globaux ont fondu, sans pour autant que la direction n'use de licenciements secs. Un seul plan de départs volontaires a été mis en place. Près de 230 personnes ont ainsi quitté l'entreprise en 2010.
Par ailleurs, la FM est devenue une terre d'accueil pour l'alternance. Plus de 200 contrats de professionnalisation ou d'apprentissage travaillent dans les bureaux et ateliers douvrinois. É. W.