Le Béthunois d'origine a reçu les témoignages de sympathie de nombreux anciens et actuels collègues qui ne manquaient pas d'anecdotes au sujet de leur bien aimé « Fredo ». Âgé de 56 ans, il quitte donc la caserne avec des tas de souvenirs, drôles ou spectaculaires. Son actuel chef de centre, le major Hervé Foratier, s'est prêté à l'exercice du discours, qu'il avait empreint d'humour.
Côté curriculum, l'adjudant-chef Frédéric Bialais a commencé sa carrière professionnel en 1974, le CAP de mécanicien en poche. Il a d'abord travaillé dans la plomberie avec son père, à Béthune. Puis il a effectué son service militaire dans la marine. En 1977, il connaît ses débuts en tant que sapeur 2e classe à la caserne de Béthune. Titularisé une année plus tard, il gravit rapidement les échelons. Sergent en 2002, il arrive en 2005 au centre de secours de Vermelles, où il passe sergent-chef au bout d'un an, avant d'être nommé adjudant puis adjudant-chef en 2010. Dès 1980, il avait choisi la spécialité sapeur-pompier plongeur. « Il faut courage et abnégation pour plonger dans l'eau à trois heures du matin en plein mois de décembre », note le major Foratier. Ce dernier revenait sur deux interventions qui, aux dires des collègues de Fred Bialais, ont marqué ses trente-cinq ans au service de la population. D'abord un incendie sur une terrasse de la ZUP de Béthune lors duquel le soldat du feu « maniait une grosse lance sur l'échelle alors que les bouteilles de gaz sifflaient à ses oreilles en explosant » ; puis un incendie à l'IRCOM où il avait fallu dix grosses lances pour maîtriser le feu.
« Tu as marqué
les esprits » Son dernier chef de centre a salué le professionnalisme du jeune retraité. « La retraite approchant, il aurait pu relâcher ses efforts, mais non, il a continué à pratiquer les séances de sport, à chouchouter les véhicules, etc. » Son exemplarité dans la vie en collectivité a également été soulignée. « Tu as marqué les esprits. Tu excelles quand arrive l'heure du repas », souriait le major Foratier. Tous ses anciens collègues confirmaient en choeur ses talents de cuistot, liste de recettes à l'appui.
L'amicale saluait le « collègue et ami, quelqu'un de gentil avec beaucoup de tolérance qui nous a fait prendre quelques kilos avec sa bonne bouffe ». Très ému, Frédéric Bialais assurait qu'il garderait « un très bons souvenirs de ses derniers chefs » et se disait très touché par la présence de sa famille et de ses collègues, de Vermelles et de Béthune.
La relève chez les sapeurs-pompiers est en tout cas assurée par ses fils, Sébastien à Vermelles et Olivier à Houdain. « Fredo », pour sa part, va pouvoir se consacrer au bricolage, à la chasse, au sport et à la cuisine. Les nombreux cadeaux offerts par ses collègues samedi l'y aideront.
AUDREY HALFORD