Lens

Le Fil d'Ariane retisse le lien entre les ados en mal être et leurs parents

Publié le 12/05/2011 à 00h00

Créée en 1996 à la demande des élus locaux pour remédier aux problèmes de toxicomanie chez les adolescents, Le fil d'Ariane constate une augmentation de la fréquentation de ses points d'accueil et d'écoute. La structure rattachée à l'Association pour une solidarité active (APSA), rencontre de nouvelles problématiques comme le mal être des 10 - 25 ans ou les difficultés de la relation parent-ado. Entretien avec Michelle Denoyelle, la chef de service

Le Fil d'Ariane retisse le lien entre les ados en mal être et leurs parents
Créée en 1996 à la demande des élus locaux pour remédier aux problèmes de toxicomanie chez les adolescents, Le fil d'Ariane constate une augmentation de la fréquentation de ses points d'accueil et d'écoute. La structure rattachée à l'Association pour une solidarité active (APSA), rencontre de nouvelles problématiques comme le mal être des 10 - 25 ans ou les difficultés de la relation parent-ado. Entretien avec Michelle Denoyelle, la chef de service


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RECUEILLI PAR MARIE LAGEDAMON


lens@info-artois.fr - Pouvez-vous nous rappeler les missions du Fil d'Ariane ?
Michelle Denoyelle : « Nous faisons de l'accueil personnalisé par le biais de permanences, à Lens, Liévin, Mazingarbe, Noyelles sous Lens et Avion, pour établir une proximité avec la jeunesse de la communauté d'agglo. Le Fil d'Ariane s'investit aussi dans des actions collectives de sensibilisation dans les établissements scolaires, les CAJ ou centres d'apprentis. Et bien sûr, nous orientons vers le soin dès que c'est nécessaire. » - Vous constatez une hausse de fréquentation depuis deux ans et pas seulement des ados, les parents sont aussi de plus en plus nombreux.
« Est-ce l'effet d'une meilleure visibilité ou de situations problématiques croissantes, difficile de le dire mais l'an dernier nous avons reçu 701 personnes (394 jeunes et 276 parents), plus qu'en 2009 (640). Et dans la quasi majorité des situations, il s'agissait de problèmes de mal-être, perceptibles par du repli sur soi, de la somatisation, allant même parfois jusqu'à la présence d'idées suicidaires. Ce mal-être a des causes multifactorielles. Les situations d'addiction ont diminué, mais elles ont aussi pu être reportées vers une autre structure dédiée depuis 2005, l'Éphémère.
 » - Mais ces problématiques du mal-être comme des relations conflictuelles entre parents enfants vous ont conduit à mettre en place des ateliers.
« Nous proposons deux ateliers spécifiques, financés par l'Agence régionale de la santé. Le premier, s'intitulant "Affirmation de soi et gestion du stress", qui s'adresse aux ados qui apprennent à se faire confiance et à mieux se connaître. 33 jeunes ont suivi cet atelier l'an dernier, dépassant largement nos objectifs. Depuis 2006, nous avons aussi un atelier "être parent d'ado", pour aider le père ou la mère le plus souvent à l'écoute active, au décodage du langage verbal et non-verbal de l'ado. On travaille sur onze compétences, savoir formuler des demandes précises, montrer l'exemple ou suivre l'ado sur le plan scolaire. Et pour cet atelier, il y a eu 61 participants ! » - Observez-vous une évolution de l'adolescent, entre celui de 1996 et celui de 2011 ?
« Le contact avec l'adolescent est toujours aussi difficile à établir. Mais nous ne pouvons pas faire d'étude sociologique à partir des ados que nous suivons. Notre rôle est avant tout de leur permettre de verbaliser leurs difficultés et d'offrir une médiation institutionnelle ou familiale afin de trouver la meilleure solution à leur malaise. »

Nord Éclair