À Douvrin, Jean-Marie veut qu'on lui « rende » son taux d'incapacité
Publié le dimanche 14 mars 2010 à 06h00
Jean-Marie Hiest a été opéré d'un cancer du larynx en 1999. Il veut qu'on lui rende son taux d'incapacité antérieur.
Avec une pension d'invalidité de 500 E et 350 E d'AAH (allocation aux adultes handicapés), Jean-Marie Hiest ne roulait déjà pas sur l'or. En décembre, son taux d'incapacité a été revu à la baisse. Jean-Marie et sa femme ne comprennent pas. étant donné que l'état de santé de ce Douvrinois de 55 ans ne cesse de se dégrader.
PAR PHILIPPE BESSIN
lens@info-artois.fr « Depuis décembre, ils ne paient plus l'AAH, ça va faire quatre mois », s'impatiente Charline. dans le même temps, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH, ex-COTOREP) a rejeté la demande de renouvellement de la carte d'invalidité. Motif : le taux d'incapacité du Douvrinois est désormais inférieur à 80 %. De ce taux dépend le montant de l'AAH.
« Mon taux d'incapacité a été reconnu à 90 % en 1999 par la COTOREP », rappelle Jean-Marie Hiest. C'était à la suite d'un cancer du larynx dont fut frappé ce monteur électricien. Au CHRU de Lille, on lui enleva le larynx et les cordes vocales. Pour s'exprimer depuis, Jean-Marie Hiest appuie sur un filtre thérapeutique posé dans le trou qui a été fait dans sa gorge. La pression sur ce filtre lui permet de faire entendre ses paroles.
Plus de carte d'invalidité
Peu de changement en 2005 quand son dossier a été réactualisé. Alors pourquoi ce revirement fin 2009 ? « Il n'a pas été vu depuis dix ans et d'un coup on lui dit qu'il n'a pas le droit à la carte d'invalidité ni à son macaron », s'étonne Charline. « Cette décision a été prise sans la moindre demande d'information quant à ma santé. Ça m'a considérablement affecté d'autant que mon état se dégrade d'année en année », ajoute Jean-Marie Hiest.
Charline insiste : « Avec tout ce qu'il a vécu, il a droit à ses taux ! » Taux que Jean-Marie aimerait voir revenir à 80 % (plus 5% de complément de ressources). Car comme si ça ne suffisait pas, une nouvelle maladie est apparue en 2006 : des « champignons » au niveau pulmonaire. Le chirurgien lui a extrait la moitié d'un poumon.
« Je demande juste qu'on me respecte et qu'on me donne mon dû. », résume Jean-Marie. Surtout, il voudrait bien qu'on lui donne les raisons de cette décision qui pourrait laisser penser à une amélioration de son état de santé. « Mon poumon ne va pas repousser ni mon larynx », estime au contraire le Douvrinois qui n'attend aucune amélioration.
Sans entrer sur le fond, une personne à l'accueil de la MDPH a fait le point, avec nous, sur le dossier de Jean-Marie. Au téléphone, elle explique que la décision prise se fait en fonction des ressources et précise que la personne concernée a deux mois pour déposer un recours.
Concernant le non versement, depuis décembre de l'allocation, l'interlocutrice de la MDPH assure qu'il va toucher un rappel des mois non versés. Cette allocation a été attribuée sur la période allant de décembre 2009 à décembre 2014 sur la base d'un taux d'incapacité entre 50 et 79 %. Jean-Marie, lui, réclame qu'on lui rende son taux normal pour percevoir le même montant d'AAH. Il va déposer un recours en vue d'une conciliation auprès de l'organisme.


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