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Me Patrick Zehnder, avocat lensois, élu à la Conférence nationale des bâtonniers

Avec les autres membres de la Conférence nationale, il dira sa façon de penser à Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice. Avec les autres membres de la Conférence nationale, il dira sa façon de penser à Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice.

Avec 450 plaidoiries par an, on se demande comment Me Patrick Zehnder trouve le temps de s'investir dans des missions externes. Dernière en date : son élection à la Conférence nationale des bâtonniers. La raison en est simple : l'avocat lensois est un homme de convictions.




PAR FRÉDÉRIC CAMUS
lens@info-artois.fr Comment avez-vous été élu ?


« On trouve 50 000 avocats en France, dont 25 000 à Paris intra muros. C'est dire le poids du barreau de Paris sur les pouvoirs publics (le gouvernement) et la Chancellerie (le ministère de la Justice) par rapport aux 181 barreaux de province. Ma présence régulière au niveau régional et ma prise de parole ont sans doute eu un effet. » Comment se compose cette Conférence nationale des bâtonniers ?
« Vingt-quatre membres sont élus de la sorte : huit issus des "régions" comprenant de 300 à 3 000 bâtonniers, huit des régions allant de 50 à 300 bâtonniers et huit des structures à moins de 50. Tout le monde vote pour les trois collèges, ce qui veut dire que les plus gros barreaux ont plus de voix pour élire les représentants à la Conférence. Pour être élu, il faut donc du tact et être bien considéré par tous. Je n'ai jamais manqué une assemblée générale, à Paris on me connaît... Ça a dû jouer en ma faveur. » Et dans le détail ?
« Au premier tour, j'ai obtenu 1 000 voix et au deuxième il restait trois places à pourvoir. J'ai fait le plein des voix dans le collège des 50 à 300 barreaux. » Quelles sont les subdivisions ?
« Il existe six Conférences régionales, mais il faut bien dire que notre région est bien souvent délaissée côté représentants et, au niveau des barreaux, question budget. » Que fait-on à la Conférence nationale ?
« Le bureau, qui se réunit une fois par mois à Paris, prépare les assemblées générales trimestrielles. On met en forme les rapports, on discute avec la Chancellerie, par exemple sur la réforme du Code pénal. » Êtes-vous pour ou contre la disparition des juges d'instruction ?
« Chez les pénalistes, on trouve du pour et du contre. Personnellement, je ne suis pas contre mais il faut garder un équilibre avec le parquet. La Cour européenne estime que le parquet manquera de transparence. Et puis, avec quels moyens cela va-t-il se mettre en place ? Avec quel pognon pourra-t-on se payer une enquête ? Au niveau de l'aide juridictionnelle, par exemple, l'État parle de se désengager en versant 275 millions d'euros au lieu de 300. Or, le Conseil constitutionnel précise bien que tout citoyen a des droits. On parle maintenant de la présence d'un avocat dès le début d'une garde à vue... Un arrêt européen de la Cour des Droits de l'homme sera rendu en mars. » Que penser de la fermeture des tribunaux de Liévin et de Carvin ?
« Les greffiers lensois seront bien logés puisqu'il faudra reconstruire un bâtiment. En attendant, ils vont occuper le 3e étage de la DOT (direction des Télécom), rue Lanoy, loué 6 500 E par mois ! » Quel message ferez-vous passer au sein de la Conférence à Paris ?
« Je ne suis pas d'accord pour la justice à deux vitesses, pour les riches et les pauvres. Je l'ai d'ailleurs montré en venant avec une lampe de mineur et un casque à Paris ! Je défends davantage les ouvriers. Au plan national, je me battrai contre la réforme d'interprofessionnalité qui donnerait le même statut aux 5 000 notaires qu'aux 50 000 avocats. On parle aussi d'avocats d'entreprise, ce qui va à l'encontre de l'indépendance et de la déontologie. »t


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