Elles ne sont plus qu'une vingtaine de familles à former la communauté juive
Publié le samedi 07 novembre 2009 à 06h00
À son arrivée dans les années 1930, la communauté juive ashkénaze représentait près de 1 000 familles. Après les désastres de la Seconde Guerre mondiale et la déportation de plus de 500 personnes, cette communauté s'est doucement étiolée dès les années 1980. Elle ne compte plus aujourd'hui qu'une vingtaine de familles. La moyenne d'âge de ses membres tourne autour de la soixantaine.
PAR FRÉDÉRIQUE REINIGER
lens@info-artois.fr PHOTOS ÉMILIE DENIS Peu connue sur le territoire, la communauté juive a pourtant été importante sur le secteur jusque dans les années 1980 (lire ci-dessous). Elle l'est aujourd'hui beaucoup moins, au grand regret du président de l'association cultuelle israélite de Lens (ACIL), Alain Tajchner. « Les jeunes partent. C'est normal. Les juifs sont errants. Les racines sont moins fortes que pour d'autres. Nous n'hésitons pas à plier bagage pour aller là où se trouvent les opportunités, s'attriste-t-il. Nous ne sommes aujourd'hui plus qu'une vingtaine de familles. La moyenne d'âge dans notre association tourne aujourd'hui entre 60 et 70 ans... Il est de plus en plus difficile d'organiser des offices religieux car à chaque fois, nous devons être au moins 10 hommes. Nous portons l'association à bout de bras. Nous savons que sa disparition est inéluctable », confie le sexagénaire qui a deux inquiétudes : « Qui prendra notre relève pour aller entretenir le carré juif d'Éleu-Dit-Leauwette quand nous ne serons plus là ? Il en est de même pour le mémorial. À qui allons nous le confier ? » Très discrète, cette communauté ne souhaite pas ébruiter l'adresse de leur lieu de culte. Elle garde encore fraîchement en mémoire les profanations et dégradations du carré juif du cimetière d'Éleu-Dit-Leauwette il y a une vingtaine d'années ou plus récemment de Notre-Dame de Lorette, Estevelles... « Nous avons trop peur que notre synagogue soit dégradée. Pourtant, à Lens, il n'existe pas de tension particulière à notre encontre. Nous entretenons de bonnes relations avec les communautés musulmane et catholique. Mais il y a des fous partout. C'est triste d'en arriver là », poursuit-il en évoquant discrètement les mouvances d'extrême droite qui, comme partout, existent aussi dans le bassin minier et « ressurgissent ponctuellement ».
Malgré ses difficultés l'ACIL arrive à organiser quelques offices religieux chaque année, les « piliers » : Yom Kippour, « incontournable pour tous les Juifs », Hanoukka, un ou deux Shabbat, la Pâque juive et Pourim. « La communauté de Lille nous envoie parfois quelqu'un ou alors des groupes de jeunes juifs parisiens viennent gratuitement animer une fête. Nous sommes soutenus », sourit Alain Tajchner.
« Nous nous connaissons tous ici. Par contre, nous savons qu'il existe quelques familles juives dans le bassin minier et dans l'Arrageois qui fréquentent la synagogue de Lille et ignorent qu'il en existe une ici. Nous aimerions entrer en contact avec eux », indique-t-il. Contact : acilens@bbox.fr





