Deux fois plus de sans-abri hébergés pendant ce deuxième plan grand froid
Publié le dimanche 28 décembre 2008 à 06h00
Du 11 au 16 décembre, le préfet avait déclenché le plan grand froid dans le département. Six SDF avait bénéficié de l'ouverture de lits supplémentaires dans l'arrondissement. Depuis jeudi, un second plan est déclaré, douze personnes ont accepté cette aide ponctuelle.
PAR EMMANUELLE LATOUCHE
lens@artois-info.fr Il faut faire preuve de persuasion pour inciter les sans-abri à accepter d'être hébergés d'urgence pour ne pas s'exposer à l'hypothermie et à pire encore. « Risquer de se faire piller leur squat déserté, laisser les chiens, dormir avec d'autres, ce sont les principaux arguments de refus », indiquait mercredi Véronique Ledeux, éducatrice à La Boussole. Les températures avoisinent pourtant les - 10°c ressentis (lire ci-contre), et plus qu'un lit, c'est un repas chaud, une douche et beaucoup de chaleur qui leur sont offerts quand est déclenché le plan grand froid. « Seules 6 personnes ont accepté il y a 15 jours. 12 ont franchi le cap cette semaine, expliquait Gwendoline Bonningues, assistante sociale au 115. Ils ont été logés au complexe sportif de Noyelles-sous-Lens, les centres à Lens et Liévin étant déjà tous occupés. » Le froid étant plus rude, les maraudes dans les villes se multiplient. « On ne va plus seulement voir les gens qui appellent mais on essaye de trouver tous ceux dans la détresse », poursuit-elle. Et l'équipe du 115 est plus sollicitée : « Les gens se sentent concernés, on nous signale parfois trois fois la même personne dans la rue. » Du coup, le 115 qui, hors période de plan grand froid, fonctionne que jusqu'à 22 h, est en alerte toute la nuit. Et demande même l'aide des pompiers. « Hier ils sont allés à Lens voir une personne signalée, et à Hénin, un homme gelé dans sa voiture. » Malgré tout, les moyens restent insuffisants. Hier, alors que l'état de santé de plusieurs SDF devenait, de fait, préoccupant, aucune infirmière ne « tournait ». De même, un salarié, sans toit, amené par la Croix-Rouge sur le site d'hébergement, n'avait pas pu être vu par une assistante sociale avant qu'il ne reparte. « C'est vrai qu'en période de grand froid, nous devrions être plus nombreux, et travailler davantage », reconnaît Gwendoline. Elle poursuit son constat : « Mais le plus rude, c'est quand on apprend la suspension du plan grand froid pour le jour-même, et qu'il faut l'annoncer aux sans-abri. » L'interruption du dispositif ne devrait pas intervenir avant la fin de la semaine prochaine.




