Halluin

Quesnoy : de tout jeunes maraîchers quadragénaires

Publié le 24/07/2012 à 00h00

Suite de notre feuilleton consacré aux agriculteurs. Rencontre avec le couple Roche qui a tout quitté pour reprendre en septembre l'exploitation maraîchère familiale.

Quesnoy : de tout jeunes maraîchers quadragénaires
Suite de notre feuilleton consacré aux agriculteurs. Rencontre avec le couple Roche qui a tout quitté pour reprendre en septembre l'exploitation maraîchère familiale.


CÉDRIC THÉVENIN > halluin@nordeclair.fr
Changer de vie en pleine quarantaine, c'est le pari qu'ont fait Bruno et Christine Roche. Lui était éducateur, elle secrétaire générale de mairie. Ils habitaient avec leurs quatre enfants en Anjou, quand soudain le frère de Christine, exploitant agricole dans la ferme familiale, décède en 2010, suite à un accident. Sa femme n'arrive plus à gérer seule l'exploitation. Elle décide en 2011 d'arrêter l'activité. La ferme du chemin du Coeur Joyeux à Quesnoy-sur-Deûle, habitée par la famille de Christine depuis au moins quatre générations, risque d'être vendue.
« Après avoir imaginé toutes les solutions », Bruno et sa femme décident de reprendre l'exploitation. Ils s'y installent dès septembre.


« C'était une décision difficile à prendre, on habitait depuis treize ans en Anjou, on avait des amis, tout roulait, mais c'est venu comme une évidence », se souvient Bruno. La volonté du couple est de « préserver le patrimoine familial ».

Agriculteur responsable
S'il « tâtonne » encore, Bruno n'est pas complètement perdu dans l'activité maraîchère qu'il a débutée en avril. Ce dernier a des racines paysannes et jardine depuis longtemps pour son plaisir. « C'est dans les gènes », affirme-t-il. En 2007, l'ancien éducateur, voulant évoluer dans son métier, a d'ailleurs passé un bac professionnel en horticulture. Sa femme, elle, s'occupe de meublés de la ferme, loués aux touristes.
La nouvelle vie de Bruno et Christine leur permet de mettre en application leur « philosophie de vie ». Ainsi, Bruno produit ses légumes de manière biologique.
Il entend de plus distribuer sa production directement à ses consommateurs via une AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne). Ce système réunit autour du maraîcher un réseau de consommateurs qui s'engagent pendant un an à acheter ses paniers de légumes de saison. Leurs prix sont fixés après une discussion entre les deux parties, pour qu'il soit « raisonnables pour tous ». « Cela se passe en toute transparence », précise Bruno, « l'agriculteur doit montrer sa comptabilité ».
Pour le maraîcher, l'intérêt de ce mode de distribution est « d'échanger » avec ses clients qui comprennent ses contraintes. Ils peuvent même devenir « acteurs » de sa production en l'aidant à désherber ses champs ou à planter. Autre avantage pour l'exploitant, l'AMAP lui permet de « ne pas produire pour produire » et de parfois « se retrouver avec la production sur les bras » . Le « gâchis » est donc limité. « C'est le développement durable », conclut Bruno.
Celui-ci « ne pourrait pas concevoir de produire de manière conventionnelle » et « de vendre aux grandes surfaces » . Il préférerait rester « éducateur ». « Même s'il y a un côté économique il faut aussi prendre du plaisir », affirme le père de famille. Un plaisir qui selon lui devra devenir rentable à l'horizon 2013.w Pour intégrer l'AMAP : réunion le 18 septembre, 20h, à la maison sociale St Mathias à Quesnoy-sur-Deûle.
Vente directe à l'exploitation au 518 chemin du Coeur Joyeux à Quesnoy-sur-Deûle.

Nord Éclair