Halluin

Malgré le handicap, destination Londres !

Publié le 18/07/2012 à 00h00

Du 29 août au 9 septembre, Claire Mairie sera à Londres pour disputer les jeux paralympiques en tennis de table, un sport qu'elle pratique depuis ses 10 ans. Atteinte d'une polyarthrite rhumatoïde, la jeune licenciée de l'ULJAP entend décrocher le podium. Rencontre.

Malgré le handicap, destination Londres !
Du 29 août au 9 septembre, Claire Mairie sera à Londres pour disputer les jeux paralympiques en tennis de table, un sport qu'elle pratique depuis ses 10 ans. Atteinte d'une polyarthrite rhumatoïde, la jeune licenciée de l'ULJAP entend décrocher le podium. Rencontre.


LOUIS DIEU > louis.dieu@nordeclair.fr
Elle est tombée dedans toute petite, au hasard d'un atelier découverte en CM2... Et depuis, le tennis de table ne l'a jamais lâché.
Pas même lorsqu'on lui a diagnostiqué une polyarthrite rhumatoïde à l'âge de 21 ans. Une maladie dégénérative qui enflamme durement ses articulations au cours de crises douloureuses et handicapantes. Une maladie qui l'a contrainte à se déplacer en fauteuil roulant pendant près d'un an. « Il a fallu réapprendre à marcher », livre-t-elle pudiquement. Aujourd'hui âgée de 34 ans, et licenciée depuis 2011 à l'ULJAP de Roncq, Claire Mairie fait partie de ces sportives qui ne se laissent pas abattre et repoussent leurs limites au-delà du handicap. « Au début c'était difficile. Le diagnostic a pris plusieurs mois, on ne savait pas s'il s'agissait ou non d'un cancer des os. Mon premier objectif a été de reprendre le sport.


 » Une échappatoire. Le seul moyen d'aller mieux, « physiquement et moralement » pour la jeune femme qui jouait alors en nationale 2 à Lys-lez-Lannoy et enchaînait les compétitions internationales.

Championne du monde
Après une seconde crise en 2003, qui lui laisse des séquelles physiques au niveau des bras et des genoux notamment, la voilà repérée par un membre de l'équipe française handisport. Elle qui ne se pensait « pas suffisamment atteinte pour l'intégrer » se résoud à changer de catégorie. Avec la ferme intention d'aller toujours plus haut : déjà championne du monde il y a deux ans en Corée du sud alors qu'elle ne partait pas favorite, Claire Mairie s'envole pour Londres avec sept autres joueuses mondiales atteintes de la même catégorie de handicap. Là-bas, Claire résidera au village olympique et jouera dans la même salle que les « valides ».
« J'ai été présélectionnée en janvier suite aux tournois internationaux et ma candidature a été validée en juillet par le comité paralympique français. » Depuis fin février, elle est détachée à 100 % par son employeur (Norpac Villeneuve d'Ascq, où elle est contrôleuse de gestion) afin de préparer les Jeux. Et ils se méritent : « Je suis au moins deux semaines par mois en stage, dans les Vosges principalement mais aussi à Chartres ou Saint-Raphaël, à raison de trois séances par jour ». Une séance équivalant entre deux à trois heures d'entraînement... « J'ai une table et un robot pour m'entraîner aux services chez moi, et je vais à l'ULJAP plusieurs fois par semaine », poursuit Claire. Là-bas, son mari l'accompagne. Il est probablement son premier fan. Et celui qui donnera des nouvelles au club de supporters de Claire Mairie, créé il y a quelques années maintenant.
Seul hic, Londres s'avère horriblement chère : « Ils profitent des jeux, souffle Claire. La plupart des valides ont des sponsors et des clubs qui les financent contrairement au handisportifs, qui financent eux-mêmes leur déplacement. » Un décalage que la sportive explique par le manque d'intérêt des médias pour le handisport, sous-médiatisé. « Un tournoi en Europe me coûte 800 euros. Il faut compter 2000 euros lorsque l'on sort d'Europe », cite-t-elle en exemple. Un challenge supplémentaire, en somme.
À Londres, la tâche n'est pas gagnée d'avance. Parmi les sept jeunes femmes de son groupe (3 Chinoises, 1 Turque, 2 Polonaises et 1 Russe), la concurrence est aguerrie. « Je connais mes adversaires. La pongiste turque est en forme et les équipes chinoise et polonaise sont très fortes » , avance Claire. Quoi qu'il en soit, l'objectif est au moins de sortir de la poule et de « monter sur le podium ».
C'est tout le bonheur qu'on lui souhaite...w

Nord Éclair