C'est en 2006 que l'URMEL (Union régionale des médecins exerçant à titre libéral) avait initié cette étude en partenariat avec le Conseil Régional et la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales. 127 personnes avaient été sollicitées dans le secteur d'Halluin-Roncq et Orchies choisie comme zone témoin par les scientifiques en l'absence d'incinérateur. L'étude, qui s'adressait à des personnes âgées de 30 à 65 ans ayant vécu au moins 10 ans sur zone, faisait la distinction entre les non-autoconsommateurs et les auto-consommateurs, c'est-à-dire les personnes consommant une forte proportion d'aliments issus de leur propre production ou des fermes locales. Dans le collimateur des chercheurs : les ufs- plus gros accumulateur de dioxine de la chaîne alimentaire- la volaille et le lait.
L'étude (par prélèvements sanguins) a révélé un taux moyen de dioxines de 42,35 pg/g de matière grasse pour l'ensemble de la population étudiée (Halluin-Roncq et Orchies). Supérieur à la moyenne nationale de l'INVS (Institut national de veille sanitaire): 27,7 pg/g de MG. Sur le secteur d'Halluin-Roncq, la concentration moyenne en dioxine était de 43,15 pg/g de MG et de 39,73 pour la zone témoin. Des valeurs si proches qu'elles en étaient presque rassurantes pour les interprètes de l'étude qui ont assimilé ces proportions au bruit de fond : trafic routier, activité industrielle, chauffage urbain...
Des taux bien plus élevés étaient cependant relevés chez les personnes qui consommaient local: 54,25 pg/g de MG contre 36,08 sur la zone Halluin-Roncq. Un taux d'imprégnation de 312 pg/g de MG avait été révélé chez un auto-consommateur halluinois. Du jamais vu. Le taux maximum répertorié par l'INVS au niveau national était de 150 pg. À l'époque, on ne parlait pas encore des PCB qui sont aujourd'hui associés aux molécules de dioxines.
Dans ses conclusions, l'URMEL avait émis quelques recommandations en déconseillant aux particuliers vivant dans le secteur de l'ancien incinérateur, responsable de la contamination des sols, de consommer les volailles élevées en libre parcours ainsi que leurs ufs. Impossible de contrôler et plus encore d'interdire les auto-productions qui d'après les chercheurs représentent un réel danger. Il était par ailleurs conseillé, quel que soit cette fois son lieu d'habitation, de laver et éplucher soigneusement les légumes, d'éliminer les feuilles extérieures, de ne pas épandre des cendres dans les potagers, et de ne pas utiliser des mâchefers pour réaliser des allées dans les zones de culture. Quatre ans après les conclusions de cette étude épidémiologique, où en sommes-nous? À ce jour, les services de l'État n'étaient pas en mesure de répondre à nos sollicitations. À suivre.