Halluin

Du pain sur la planche

Publié le 24/04/2012 à 00h00

Le premier tour s'est joué dans un mouchoir de poche où Nicolas Sarkozy, plébiscité en 2007, l'emporte sur François Hollande.

Du pain sur la planche
Le premier tour s'est joué dans un mouchoir de poche où Nicolas Sarkozy, plébiscité en 2007, l'emporte sur François Hollande.


Le favori des sondages fait mieux que Ségolène Royal mais avec Marine Le Pen sur les talons. L'extrême-droite prospère sur un électorat décomplexé.
ANGÉLIQUE DA SILVA-DUBUIS > angelique.dasilva@nordeclair.fr
Halluin, ville de droite gouvernée par un maire socialiste. C'était plus clair que jamais à la sortie des urnes dimanche soir. Si Nicolas Sarkozy, arrivé en tête (27,07%), ne fait pas le plein de ses voix de 2007 (800 voix d'écart), Marine Le Pen double le score de son père (24,94%). Elle arrive en tête dans le quartier de la Rouge-Porte (bureaux 12/13) et autour de la rue Émile-Zola, entre la rue Marthe Nollet et la rue de la Lys (bureau 5). Elle recueille près de 30% des suffrages dans ces secteurs à forte idendité ouvrière. Mais l'extrême-droite n'a pas le monopole des quartiers populaires. Elle essaime un peu partout. Au coude à coude avec François Hollande 25,20%, au n°6 notamment (quartier Brel-Ferré) où le candidat socialiste devance l'héritière, plus lisse et glamour de son père, de 15 voix. Dans le centre-ville (bureaux 1 à 4), François Hollande creuse l'écart. Comme dans le quartier des Fleurs (bureau 7) où Nicolas Sarkozy fait son plus petit score -80 voix- plus du double pour son adversaire. Sans surprise, le président sortant enregistre ses meilleurs scores au Mont d'Halluin (38,99% au bureau 15) et dans les nouveaux quartiers résidentiels : Bellefontaine et environs, avenue du Stade/bld de Roncq... De quoi donner une indication sur le vote des 1 590 électeurs de plus par rapport à 2007 ?


Le « président des riches » en tête, une extrême-droite confortablement installée dans les foyers halluinois, un Front de Gauche bien en peine malgré la présence de marqueurs forts au niveau local... Le coeur d'Halluin la Rouge a-t-il cessé de battre ? En 2007, PS-PC-Verts totalisaient 2 851 voix. Cette fois, la gauche classique comptabilise certes 1 200 voix de plus pour ce premier tour mais en profitant de l'effet Mélenchon (10,27%) qui fait le plein des voix de l'extrême-gauche. « On ne peut pas dire qu'Halluin soit tout le temps marquée à gauche. Halluin est une ville hésitante. Elle donne des responsabilités locales à gauche mais se positionne parfois autrement sur un scrutin national. C'est un mystère », exprimait Jean-Luc Deroo. On ne peut évidemment pas superposer les grilles de lecture nationales et locales. Mais les chiffres sont là. « On retrouve un niveau du Front National de même nature qu'en 1995 qu'on pensait avoir fortement diminué » admettait le maire. Trop tard semble t-il pour verser des larmes de crocodile sur le vote Front National qui rallie, à l'identique du PS, 1 200 voix de plus par rapport à 2007 où l'extrême-droite confortait son score de 2002. Le vote d'adhésion a pris le dessus sur le vote sanction. C'est chez les Verts qu'on sort les mouchoirs depuis dimanche avec seulement 165 voix pour Eva Joly, là encore malgré des militants bien identifiés à Halluin. À 7,39% des suffrages, le MoDem, lui aussi représenté au conseil municipal, perd 900 voix. En 2007, avec 58% des suffrages, Nicolas Sarkozy avait largement capitalisé sur les voix de l'extrême-droite. De son côté Ségolène Royal était boostée par les voix de la gauche rassemblée et de Bayrou. Une clé du second tour ?
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Nord Éclair