Halluin

La généalogie ouvre les portes de l'histoire

Publié le 18/03/2012 à 00h00

Résumer la généalogie à un arbre serait réducteur. La recherche de nos ascendants nous plonge dans l'histoire. Surtout dans une région frontalière.

La généalogie ouvre les portes de l'histoire
Résumer la généalogie à un arbre serait réducteur. La recherche de nos ascendants nous plonge dans l'histoire. Surtout dans une région frontalière.



FLORENT STEINLING
> florent.steinling@nordeclair.fr


L'arbre généalogique ne serait-il pas celui qui cache la forêt ? Car plonger au coeur de nos ancêtres, remonter le fil de nos ascendants, c'est souvent une immersion profonde dans l'histoire. De toutes ces petites histoires qui font la grande histoire.
Comprendre d'où l'on vient, d'où est originaire notre famille impose de s'intéresser à la grande histoire. De la comprendre, de la saisir. La généalogie, c'est bien plus qu'une simple histoire de noms couchés sur une feuille - ou sur un ordinateur aujourd'hui.
Et ceci est d'autant plus vrai dans une région comme la vallée de la Lys. Marquée par la frontière avec la Belgique. Bordée par des communes tantôt flamandes comme Wervik ou Menin, tantôt wallonne avec l'entité de Comines-Warneton. Au fil des siècles, les frontières ont bougé, se sont déplacées au gré des guerres et des conquêtes. Pour se figer avec le traité d'Utrecht en 1713. Remonter le fil de son passé implique ainsi de devoir franchir la Lys à plusieurs reprises, pour se plonger dans les actes ou les tables dans les archives des deux pays.

Les précieux conseils
des associations

Pour cela, rien de mieux que de se rapprocher des associations de généalogie du secteur. Des passionnés - on attrape facilement le virus - qui seront toujours de bons conseils. Le premier conseil, qu'ils vous donneront, c'est d'avoir en votre possession toutes les données des deux générations qui vous précédent. « On n'a pas accès aux actes qui ont moins de 100 ans », préviennent ainsi les membres du cercle généalogique de la vallée de la Lys et du Ferrain (CGVLF), l'association halluinoise.
Les recherches peuvent alors réellement commencer. À partir des actes de naissances ou de mariages, qui se trouvent aux archives départementales. Ou dans les communes qui en ont souvent un double.
Ces états civils sont devenus obligatoires suite à l'édit de Villers-Cotterêts de François 1er en 1563. Mais généralement, il faut attendre le début du XVIIe siècle pour que les registres commencent à être tenus. Les recherches plus anciennes sont possibles mais plus aléatoires et compliquées. La grande révolution pour les généalogistes, ce sont les tables, des relevés par ordre alphabétique. Surtout lorsqu'elles comportent les filiations. Les communes ont commencé à faire des tables décennales à partir de 1802. Jacques Beauprez, du CGVLF, recommande d'ailleurs de ne jamais se contenter d'une ascendance directe, mais de travailler aussi sur les frères et soeurs. « Et surtout de ne jamais sauter une génération, insiste-t-il. Il y a tellement d'homonymes ».

Transformation des noms
L'autre danger, surtout dans une région transfrontalière, c'est la transformation du nom. Ainsi, pour un nom courant dans la région, Loridan en Belgique, il se trouvera transformé en Leuridan, une fois la frontière franchie. Mais il y a bien plus succulent. Et l'une des explications avancées serait l'illettrisme ce qui provoquerait des traductions littérales et orales. Ainsi d'un nom flamand Dhondt qui devient le chien de ce côté-ci de la frontière.
Autre exemple rapporté, le patronyme « Delépaul » devenu une fois en Angleterre Shoulder (épaule en anglais).
Quelques perles, sinon quelques écueils, loin de déboussoler les amoureux de la généalogie. Bien au contraire. Le plaisir de chercher, mais surtout de trouver. Et pour cela, ils s'appuient sur de nombreux documents d'archives, comme les actes notariés, les actes de décès - le CGVLF en compte 13 000 -, registres agricoles, registres militaires... « Il faut recouper, comprendre l'époque, savoir comment ils vivaient, décrypte Jean-Pierre Polnecq, le président de l'association halluinoise. Je n'ai jamais fait autant de géographie et d'histoire. Et on sait aussi aiguiller les gens vers tel ou tel document ». De nombreux documents que seuls les archives ou les cercles généalogiques ont à disposition. Internet a peut-être révolutionné la généalogie. Mais rien ne remplacera encore les conseils des généalogistes pour comprendre les documents et s'y retrouver. Pour remonter le fil de son histoire. Et attraper à son tour le virus de la généalogie ?w

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