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BOUSBECQUE

À 99 ans, la doyenne de la ville n'a pas la mémoire courte

Raymonde apprécie son appartement. Entre autres pour la vue sur les deux terrains de football. Raymonde apprécie son appartement. Entre autres pour la vue sur les deux terrains de football.

À 99 ans, Raymonde Delebecque est la doyenne de Bousbecque. Dans son coquet appartement elle nous raconte ses souvenirs. Encore intacts malgré les années. Rencontre.



SIMON CAENEN> simon.caenen@nordeclair.fr
« Je suis née à Bousbecque, j'ai fait ma communion à Bousbecque, je me suis mariée à Bousbecque et je mourrai à Bousbecque ». Le ton est donné : la vie de Raymonde, c'est la ville d'Augier. Depuis le 10 juillet 1912, date de sa naissance rue du Maréchal Foch.
La doyenne de la commune de 4500 habitants vit aujourd'hui au quatrième étage de la résidence des Peupliers. Les cahiers de mots fléchés près du fauteuil, les photos de ses 18 arrière petits-enfants sur les murs, une vue imprenable sur les deux terrains de foot. « Je suis en première loge pour le football et le feu d'artifice du 14 juillet », apprécie-t-elle.


Une retraite paisible après une vie mouvementée, marquée par deux conflits mondiaux. Les souvenirs de Raymonde sont intacts. Entre deux regards bienveillants elle raconte « J'avais deux ans quand la guerre 1914-1918 a commencé. À trois ans, j'ai été évacuée en Belgique et à Saulx-les-Chartreux où on est restés jusqu'en 1918. Je revois encore les lieux ». Elle revoit aussi le Bousbecque d'antan. « Il y avait 2 000 habitants. On pouvait faire de la gymnastique et des cours de couture. On jouait à la balle au camp dans la rue ». Les semaines sont rythmées par le « patronage et les cours de catéchisme du dimanche ». Raymonde fait tout à pied. « A 18 ans, pour la première fois un bus passait à Bousbecque ». Bien utile pour « les virées à Lille ». « On faisait les magasins et on allait aussi dans une pâtisserie ». Mais le quotidien de Raymonde est surtout tourné vers le village qu'elle aime.
À 18 ans elle devient institutrice en classe de maternelle à l'école Ste-Thérèse (école des filles qui est aujourd'hui l'école Saint-Ignace), avant de s'occuper des cantines.
Quand la seconde guerre éclate, sa maman décide de rester dans le Nord. « Elle avait été trop marquée par la première évacuation, donc on est restés ». La retraitée se souvient très bien de l'arrivée des Allemands. « Il pleuvait, ils ont mis leurs chevaux à l'entrée du presbytère et ont demandé de l'eau ». Sans le vouloir, Raymonde va faire sourire l'occupant. « Quand ils m'ont vu ils ont rigolé. Sur ma pèlerine il était écrit "ligne Maginot, on ne passe pas" ». Ces années sombres sont égayées par la rencontre avec son mari lors d'un repas... à Bousbecque. « J'ai ensuite eu mes filles en 1943, 1945 et 1946 ».
Aujourd'hui celle qui selon ses proches « sait ce qu'elle veut » apprécie surtout « les réunions où toute la famille est là ». L'occasion pour elle de rappeler : « Il ne faut pas en vouloir de trop et se contenter de ce qu'on a ».
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