Halluin

Avec passion, ils sèment leur « grain de folie »

Publié le 29/08/2010 à 00h00

À l'occasion de la manifestation Grain de folie ce week-end à Quesnoy, nous sommes allés à la rencontre de deux jeunes agriculteurs. Passionnés malgré les difficultés.

Avec passion, ils sèment leur « grain de folie »
À l'occasion de la manifestation Grain de folie ce week-end à Quesnoy, nous sommes allés à la rencontre de deux jeunes agriculteurs. Passionnés malgré les difficultés.


FLORENT STEINLING > florent.steinling@nordeclair.fr
À tout juste 22 ans, Émilien Thève se lance dans le grand bain. Après deux années de formation à Lesquin (une semaine d'école en alternance avec une semaine de stage), il vient de reprendre, depuis le 1er juillet l'exploitation familiale à Quesnoy. En ayant sauté une génération.
Sa grand-mère, après cinquante années à s'occuper de l'exploitation, vient de prendre une retraite méritée, son grand-père, l'avait précédée il y a quelque temps. Mais, pour le moment, ils ne sont jamais très loin. La terre, les champs, les vaches laitières, c'est leur vie. Alors, ils donnent un petit coup de main à Émilien, qui assure désormais la traite des vaches, matin et soir. « On est heureux que cela reste dans la famille », se contente d'expliquer le grand-père, avant de s'éclipser.


Un sentiment partagé par Émilien, qui venait à la ferme familiale depuis son plus jeune âge. « C'est une passion, explique-t-il.
J'ai toujours aimé et j'ai toujours donné des coups de main. Depuis tout gamin je venais à la ferme ». Alors, il va saisir l'occasion quand sa grand-mère, 72 ans, a pris sa retraite. D'autant que ses parents ont choisi une autre voie, avec un père chauffeur routier, et une mère qui donne des cours de gymnastique.
C'est donc Émilien qui a repris l'exploitation familiale. Il gère désormais 35 vaches laitières, pour une production annuelle de 275 000 litres de lait, sur une exploitation de 33 ha, où il produit également du blé, du maïs, ou des betteraves sucrières.
Sa passion pour ce métier est bien plus forte que la crise qui secoue l'agriculture et particulièrement la filière lait. Alors, forcément, l'accord qui vient d'être signé - 330 E les 1 000 litres de lait -, il le voit comme un soulagement. Mais, rien n'est gagné pour autant. « Cet accord paraît bon, reconnaît le jeune homme. Malgré toutes les difficultés, il faut rester optimiste, c'est un métier tellement passionnant ». Par ailleurs, en tant que jeune agriculteur, il bénéficie d'une aide de l'État de 50 000 litres. Un dispositif valable seulement la première année.

Optimiste malgré la crise
Émilien sait qu'il a encore beaucoup à apprendre et que les conseils « des anciens » sont toujours très utiles. Il serait certainement heureux d'en avoir quelques-uns de Thierry Dubus, qui avait été primé meilleur lait de France fin 2008, au sein du groupe Danone, à qui Émilien vend également sa production.
« C'est vrai que j'aimerais avoir son niveau, concède-t-il. Mais, je commence juste. En tout cas, cela donne envie d'aller de l'avant et de réussir à être toujours au top dans la qualité du lait ».
Il sait aussi, qu'il n'est pas toujours facile de concilier la vie d'un jeune adulte et les contraintes de son métier. Car 7 jours sur 7, Émilien est à 6 h 45 auprès de ses vaches pour la traite matinale. La seconde a lieu vers 17 h. Un rythme à prendre qui n'empêche pas de s'offrir quelques sorties avec ses camarades des jeunes agriculteurs du Nord. Avec lesquels il peut échanger des conseils et s'entraider.w

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