Les musulmans voient le bout du tunnel
Publié le mercredi 25 août 2010 à 06h00
À 17h40, deux petites minutes avant la prière, on pose son vélo avant de filer à la mosquée. Ci-dessus, les nouvelles salles de classe dont disposeront prochainement les élèves. Pour le nouveau bâtiment (photo de droite) des travaux sont encore nécessaire
Après plus de dix ans de travaux, la communauté musulmane d'Halluin voit enfin le bout du chantier de la mosquée financé uniquement par des dons. Visite des lieux avec Mohamed Badaoui, président de l'association musulmane d'Halluin.
SIMON CAENEN > halluin@nordeclair.fr
Peu à peu, le parking de 60 places jouxtant la mosquée se remplit. Il est 17h40, l'heure de la prière approche. On vient en voiture, à vélo ou à pieds. Vêtu d'une djellaba et d'un tarbouche (chapeau). Ou en classique tenue de ville. Ici, chacun a ses habitudes, ses rituels. Les anciens sont souvent les premiers arrivés et les derniers partis. La plupart sont d'origine marocaine. Mais il y aussi des Tunisiens, des Algériens ou des Pakistanais qui viennent de Menin. Pour se recueillir, se retrouver et échanger. « C'est un lieu repère, témoigne Mohamed Badaoui. Quand quelqu'un cherche à contacter une personne, c'est ici qu'il vient se renseigner ».
Chaque jour, ils sont plus d'une centaine à venir. Le vendredi, jour où l'imam prêche, ils sont parfois plus de 500. Il faut dire qu'Halluin « compte 2 000 familles musulmanes et que les mosquées les plus proches se trouvent à Tourcoing, Comines ou Courtrai ».
Bientôt, ces centaines de fidèles disposeront de deux nouvelles salles de prière. Spacieuse et lumineuse. Celle des hommes, grande de 600m² peut accueillir 1 200 croyants. Celle des femmes, de 150 m² peut en recevoir 300. « Elles sont hautes, aérées et avec de la moquette amovible, on s'y sent à l'aise, témoigne Mohamed Badaoui. Avant, on se débrouillait pour prier là où il n'y a pas de travaux ».
La crise réduit les dons
Les cours pourront eux aussi se dérouler dans de meilleures conditions. Un nouveau bâtiment dispose d'un bureau pour le directeur, d'une cuisine et de cinq classes flambant neuves. Des leçons d'arabe y sont dispensées aux jeunes. Il faut généralement six ans pour commencer à maîtriser la langue. « C'est important de savoir parler arabe, poursuit celui qui est devenu président de l'association musulmane d'Halluin en 2001. Ils apprennent aussi quelques versets du Coran et on donne des cours de soutien pour ceux qui ont des difficultés scolaires ».
On en profite aussi pour recadrer un jeune qui ne suit pas le droit chemin. « J'en ai vu pas mal revenir à la raison, commente Mohamed Badaoui. Ils se sentent responsables ». Quand aux comportements extrémistes, Mohamed Badaoui, n'a « heureusement » jamais dû y faire face.
Entre les salles de prière et les salles de classe, le troisième bâtiment est loin d'être terminé. Il sera, entre autres, utilisé pour les ablutions. Son coût : 100 000 E. Sa construction mettra fin à un chantier entamé en 1998 et uniquement financé par des dons. Il faut aussi payer au moins 2 500 E par mois pour le chauffage et le gaz. Mais l'association peut compter sur les croyants. En plus des 240 adhérents qui donnent 16 E par mois, les familles apportent aussi leur contribution. Et ceux qui en ont les compétences, participent bénévolement aux travaux. Mais la crise se fait sentir et limite les rentrées d'argent. Mohamed Badaoui ne sait pas « quand seront finis les travaux » . Seule certitude, quelles que soient les conditions, il ira prier avec ses frères, cinq fois par jour.w


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bdxethike : bons débuts
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sofia : a sa nouvelle compagne???? j aimerais voir a quoi ressemble...
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