Crise : l'extension de Galloo reportée
Publié le dimanche 22 mars 2009 à 06h00
Depuis septembre 2008, le niveau d'activité de Galloo France a chuté de 50% et les prix de l'acier ont été divisés par 4. Dans ce contexte, le projet de doublement du site au port fluvial est reporté.
PATRICK BONTE > patrick.bonte@nordeclair.fr
Le retournement de la conjoncture a été soudain en août-septembre2008, comme l'a constaté Olivier François, responsable environnement chez Galloo France. « Sur l'acier, il n'y a plus eu d'acheteurs ou alors de façon sporadique », se souvient Olivier François, « et ça continue actuellement ». Jusqu'à quand ? C'est l'inquiétude de Galloo dont l'acier et des métaux comme l'aluminium ou le cuivre constituent le coeur de métier. « Tout cela est très lié à l'industrie du bâtiment qui résiste pourtant mieux en France que dans d'autres pays européens », reprend-il. La crise de l'automobile rejaillit aussi sur une société de traitement des gros déchets industriels comme les voitures, l'électro-ménager, etc. Ces déchets, une fois broyés et réduits en fines particules, redeviennent matière première pour les fourneaux.
« Le problème, c'est que les aciéries ont décidé d'épuiser leurs stocks et travaillent en flux tendu, d'où des demandes imprévisibles, presque sous le coup de la panique et ça crée une tension ainsi qu'une absence de lisibilité, notamment pour 2010 », explique Olivier François. Du coup, l'activité chez Galloo France s'est effondrée en chutant de 50 %, entraînant celle des valeurs, les prix de l'acier et autres métaux ayant été « divisés par 4 entre juin et décembre2008 ».
Galloo espère que le plan de relance français par l'investissement portera ses fruits. « On souhaite surtout un soutien du bâtiment pour rassurer les aciéristes afin de retrouver une stabilité du marché, mais à quel horizon ? »
Les emplois pas menacés
En attendant, l'investissement de plus de 10millions d'euros destiné à doubler la superficie d'activité de Galloo France au port fluvial d'Halluin pour passer de 7 à 14 hectares est reporté. Sine die ? « Non, on l'envisage sur quelques mois », rétorque Olivier François.
Dans l'obligation de se réorganiser, le groupe Galloo hiérarchise les priorités. « On a un site en construction à Hirson dans l'Aisne et un autre, celui de la filiale Roussel à Sallaumines, ces deux chantiers seront prioritaires puis ce sera au tour de l'extension des zones de stockage à Halluin pour que Galloo occupe la totalité du port fluvial afin de mieux gérer les matières », précise Olivier François, « voilà qui ne devrait pas permettre de lancer la consultation des entreprises de chantier avant 3-4 mois si la situation s'améliore. » Galloo fonctionne en autofinancement et sur sa trésorerie, ce qui lui permet de mieux franchir la crise actuelle. Mais Olivier François se montre résolument optimiste pour l'avenir en précisant bien que, sur le plan social, les emplois, 39 chez Galloo France et une soixantaine chez Galloo Plastic ne sont pas menacés. « Ce qui nous rend surtout optimiste, c'est que le secteur du bâtiment ne s'est pas effondré en France », termine Olivier François.





