La ferraillerie en sursis ?
Publié le samedi 14 mars 2009 à 06h00
Le dossier de la ferraillerie De Araujo sera à l'ordre du jour du conseil municipal du 17 mars. L'entreprise, située rue de l'Industrie, pourrait bien être invitée à quitter le site.
Explications.
ANGÉLIQUE DA SILVA-DUBUIS > angélique.dasilva@nordeclair.fr
Le bras de fer a commencé au printemps dernier lorsqu'une poignée de riverains de la rue de l'industrie signent une pétition à l'encontre de la ferraillerie De Araujo. En cause : les nuisances sonores dont ils s'estiment victimes. « Le va-et-vient des camions qui déchargent la ferraille, le bruit des masses qui cassent les métaux... On n'en peut plus », témoignait l'un des voisins les plus proches. Des courriers sont alors adressés au maire, à la Préfecture ainsi qu'à la DRIRE (Direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement).
L'entreprise fonctionnait
sans autorisation
Créée en 1995 sur le site des anciens établissements Vanrullen, cette entreprise familiale emploie 14 salariés dans le recyclage de métaux. Du démantèlement d'usine aux dépôts de professionnels ou de particuliers, l'activité consiste à trier et recalibrer les métaux pour les fonderies. L'entreprise recycle en moyenne une centaine de tonnes de métaux par mois.
Suite à la pétition des riverains, l'administration découvre que l'entreprise n'est pas dans les clous sur le plan de la réglementation, pourtant drastique à l'égard de ce genre d'activités. La société wervicquoise ne disposait pas de l'autorisation préfectorale ad-hoc. Dès lors, les exploitants sont invités par la DRIRE à régulariser leur situation dans les trois mois en déposant un dossier en bonne et due forme. Recommandation suivie par la gérante, Mm e De Araujo Parejo, qui par la même occasion a sollicité un agrément pour le traitement des véhicules hors d'usage. Créneau sur lequel l a société souhaite se positionner.
Instruit par les services de la DRIRE, le dossier de la ferraillerie De Araujo a fait l'objet d'une enquête publique dernièrement comme le veut la procédure. Une enquête publique dont il sera question mardi prochain lors du conseil municipal. Les élus vont en effet délibérer sur le sujet.
Clairement, l'entreprise a peu de chances de pouvoir maintenir son activité à cet endroit. Le site fait en effet partie d'une réserve foncière au Plan Local d'Urbanisme pour le futur pont frontière et les aménagements du chemin de halage souhaités par les deux villes.
En juin, le maire, Jean-Gabriel Jacob avait indiqué qu'il étudiait la possibilité de repositionner cette entreprise en lien avec la communauté urbaine, compétente en la matière. Où ? C'est tout le problème. Les ferrailleries n'ont pas très bonne réputation. L'entreprise est actuellement implantée sur 8 000m².
« Elle ramène de la taxe
professionnelle »
La famille De Araujo entend maintenir son activité le plus longtemps possible sur place : « On ne sait pas du tout ce qui nous attend. Personne semble vouloir de nous. Il y a tout de même 14 emplois en jeu... », souligne le co-gérant qui a été reçu mercredi en mairie.
De son côté, la ville n'a pas de solution : « Nous n'avons pas de terrain à proposer mais je souhaite fortement que cette industrie, qui ramène de la taxe professionnelle à LMCU, soit accompagnée dans sa relocalisation. Le projet du pont empêchera clairement la poursuite de l'activité de cette entreprise qui sera également gênée en terme d'accès puisque les poids-lourds ne pourront bientôt plus accéder au centre-ville », indique le maire. L'entreprise aura peut-être droit à un sursis supplémentaire puisque le report des travaux du pont de Comines (lire NE du 12/03) retardera inévitablement ceux de Wervicq. Réponse au conseil municipal.


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