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Le retour du barbier ?

Bernard Verduyn a peur de voir disparaître le métier de barbier, qui ne s'apprend plus dans les formations. Bernard Verduyn a peur de voir disparaître le métier de barbier, qui ne s'apprend plus dans les formations.

Cela fait partie de ces métiers en voie de disparition. Pourtant, Bernard Verduyn croit toujours en l'avenir du barbier. Ses coupe-choux vous attendent dans son salon Figaro, rue de Lille. Pour une sensation de bien-être et de détente.



FLORENT STEINLING >florent.steinling@nordeclair.fr
En ce début d'année, c'est le moment des bonnes résolutions. Changer de visage, raser cette barbe naissante qui me tanne le visage depuis des mois, voilà ma décision. Cela tombe bien, à quelques mètres de l'agence, Bernard Verduyn, et son salon Figaro. Coiffeur, mais surtout barbier de son état. Ce qui m'intéresse.
40 ans que Bernard pose ses lames, ses coupe-choux (rasoir à lame fixe) ou ses ciseaux sur ses clients à Halluin. Des clients fidèles pour la plupart depuis des décennies. Après un CAP et un brevet professionnel en poche, après un contrat d'apprentissage chez lui dans le Pas-de-Calais, Bernard s'installe à Halluin à 17 ans. Cela fait quarante ans. Un salon familial au début, avec son épouse, « la fille Verstichel ». Mais, c'est au début des années 90 qu'il ouvre son propre salon pour hommes, Figaro, rue de Lille. « Avant, je travaillais avec mon épouse dans le salon, rue Marthe Nollet, explique-t-il. Mais je faisais une allergie aux produits de coiffure pour dames. J'ai donc ouvert mon propre salon ».


Avec l'idée de relancer le métier de barbier. « En même temps, c'est naturel, reprend-il. Pour les hommes, les salons de coiffure faisaient aussi les barbes, les tailles du collier ». Il est loin, malgré tout, le temps de ses débuts, où chaque homme avait son petit casier, avec son rasoir, son blaireau, « tout le matériel qui lui appartenait ». Ils venaient tous les dimanches se faire raser la barbe qu'ils laissaient pousser durant la semaine.
« Quand on avait rien à faire, on entretenait le matériel, se souvient Bernard. On passait les coupe-choux sur la pierre... Il devait bien y avoir une cinquantaine de casiers ».

Sensation de bien-être
A son grand regret, tout cela s'est perdu, en partie à cause de l'arrivée des rasoirs mécaniques et électriques. « Pourtant, cela fait vraiment du bien, insiste-t-il. Il y a vraiment une sensation de bien-être après ».
Pour l'avoir testé, c'est vrai qu'il y a une impression de relâchement au niveau du visage, de la peau, qui vaut bien tous les massages. Avec l'avantage d'être rasé au plus près.
Sensation douce et étrange lorsque la lame du coupe-chou, bien apprêtée, glisse sur la peau et la mousse à raser, légère, posée au blaireau. En même temps qu'elle ne gratte légèrement en rasant les derniers soubresauts de poils.
Vient ensuite le temps de la serviette chaude et humide « qui détend la peau », avant de passer de la pierre d'alun. « Elle est composée de sels minéraux pour empêcher le feu de barbe », explique notre expert. Cela permet d'éviter une irritation de la peau, qu'elle ne devienne rouge, « en refermant les pores ».
Actuellement, les gens ne prennent plus le temps d'aller chez le barbier. Sauf en de rares exceptions, comme ces jeunes qui se marient et qui profitent de l'occasion pour un rasage tonique et en profondeur.
Mais aujourd'hui, la mode pourrait bien servir le retour de ce métier ancré dans notre mémoire collective. Car, pour dessiner les lignes de ces nouvelles barbes ou filets de barbes très stylisés, les jeunes retournent chez le barbier. « C'est très difficile d'avoir des dessins symétriques en le faisant seul », explique Bernard. En cela, il retrouve l'essence même de son métier : « Pour la taille des colliers, les formes, il a toujours fallu avoir des notions de visagistes ».
C'est sûr, moi, j'y retournerai. Et vous messieurs, vous vous y mettez ? Salon Figaro : 06.11.71.51.46


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