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Les mystères de l'église Saint-Martin bientôt... en pleine lumière (2)

Publié le 09/08/2012 à 00h00

En quoi consiste-t-elle donc, la « merveille » de l'église Saint-Martin ? Elle sera révélée aux Journées du patrimoine mais d'ici là, on vous raconte la quête de Philippe Boukni, médecin et historien. Deuxième étape sur la piste des bâtisseurs des siècles passés.

Les mystères de l'église Saint-Martin bientôt... en pleine lumière (2)
En quoi consiste-t-elle donc, la « merveille » de l'église Saint-Martin ? Elle sera révélée aux Journées du patrimoine mais d'ici là, on vous raconte la quête de Philippe Boukni, médecin et historien. Deuxième étape sur la piste des bâtisseurs des siècles passés.



PAR ISABELLE MASTIN
bethune@info-artois.fr On a quitté Philippe Boukni en pleines recherches sur Bibleenligne (notre édition du 29 juillet). Juste au moment où il découvre que ce clin d'oeil dans la pierre de l'église trouve écho dans les textes chrétiens. « Le seul endroit, c'est dans la première lettre aux Corinthiens.


 » Il cite saint Paul : « Je vais vous dire un mystère. Nous ne mourrons pas tous mais nous serons tous transformés en un instant, en un clin d'oeil, au son de la trompette finale... » L'historien vient de franchir un grand pas, il en est sûr. « Le clin d'oeil parle du message chrétien de la fin des temps, de l'Apocalypse, du retour de Dieu. » Autrement dit, les bâtisseurs ont mis leur savoir scientifique, astronomique, théologique..., au service de la foi. L'église, livre à ciel ouvert. « Ils ont inscrit le message de l'Apocalypse, un message positif de la révélation de la venue du Messie. » « Ils » ? Si les archives ont gardé la trace des maîtres de corporation, on ignore le nom de l'architecte. Philippe Boukni a songé à Pierre de Boisrond, neveu du bailli, mais il n'en est plus si sûr et peu importe. « Les bâtisseurs d'art sacré ne se font pas connaître », effacés devant Dieu.
Discrets mais « héritiers des bâtisseurs de cathédrales. Ce qui se perd, surtout, ce sont leurs connaissances ».

L'Apocalypse, la lumière
Après saint Paul, il en arrive logiquement à saint Jean - L'Apocalypse selon... C'est à dire à « la lumière », celle de Dieu. Dans l'architecture gothique des cathédrales, on prône l'arc-boutant et la croisée d'ogives répartissant les forces pour mieux aérer la pierre. Et donc mieux faire entrer le soleil laissé à la porte par l'art roman. Ce qui fait que Philippe Broukni accole aux bâtisseurs le titre de « ciseleurs de lumière ». Des bâtisseurs pétris de symbolisme.
Saint-Martin alors, une cathédrale en modèle réduit ? C'est en gros ce que veut croire l'historien, qui a creusé la question pendant des années. « C'est une démarche pas à pas. » Les siens, ceux aussi d'un certain Pierre Paquet. Architecte en chef des Monuments historiques, il conserva après la Grande Guerre la charge des édifices cultuels du Pas-de-Calais. Il fut en outre l'architecte de la reconstruction d'Arras, et supervisa la restauration de la Sainte-Chapelle et du Mont Saint-Michel. Sur une photo prise à Saint-Martin, on le voit le nez en l'air mais ce qu'il fixe est hors cadre. « S'il est descendu à Beuvry, c'est qu'il avait trouvé le "trésor", qu'il a voulu travailler dans l'esprit des bâtisseurs. » Il en veut pour preuve : 1, la durée des travaux. Débutés en 1920, « alors que le dernier vitrail a été posé en 1938 ». 2, le fait qu'il ait fait appel à un maître-verrier. La lumière, encore. On y ajoutera qu'en 1919, le chanoine Hugues avait interpellé « le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts pour signaler la qualité de l'église ». Si bien que le 19 décembre 1919, le conseil municipal « en a accepté le classement par les Monuments historiques ».
De l'église, il ne reste alors que les murs et un toit crevé. Pierre Paquet disposait-il de documents, d'indices lui donnant à penser que Saint-Martin avait plus de secrets que ses paires ? Mystère. Alors un jour, Philippe Broukni a songé à laisser parler l'église. Mais pas n'importe quand. « L'autel des églises est orienté à l'Est. » Vers le levant, la renaissance. Une symbolique qui traverse les âges et les cultures. Et qui fait écho à certaines dates. « Les solstices, les équinoxes... » Où il commence à marcher vers la lumière. (à suivre) La « merveille » de Saint-Martin sera révélée lors des Journées du patrimoine. Spectacle le samedi 15 septembre, à 17 h et 19 h. Scénographie avec des comédiens, diaporama, chants du XVIe s. par le Choeur de l'Estracelle. Tarif unique : 5 E. Réservations à la Maison de la poésie, au & 03 21 65 50 28.

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