Béthune

Le 26 août, à côté de la bourse, deux conférences pour apprivoiser les reptiles

Publié le 18/08/2012 à 00h00

La bourse aux reptiles, c'est le 26 août à la salle Olof-Palme. Le moyen pour les passionnés de réussir leurs premiers pas ou de se perfectionner. En parallèle, une conférence comptera pour l'obtention du « certificat de capacité ». Décryptage avec le Dr Vlaemynck, conférencier.

  Le 26 août, à côté de la bourse, deux conférences pour apprivoiser les reptiles
La bourse aux reptiles, c'est le 26 août à la salle Olof-Palme. Le moyen pour les passionnés de réussir leurs premiers pas ou de se perfectionner. En parallèle, une conférence comptera pour l'obtention du « certificat de capacité ». Décryptage avec le Dr Vlaemynck, conférencier.



PAR ISABELLE MASTIN
bethune@info-artois.fr Il arrive un peu en retard au Béthunarium mais c'est que la route entre la métropole et Béthune est encombrée cet été. La métro, c'est là que Frédéric Vlaemynck a ouvert sa première clinique avec ses associés. « L'activité y vouée à 80 % aux NAC. » Nouveaux animaux de compagnie : araignées, tortues, serpents... L'engouement ne se dément pas, si bien qu'il ouvre un nouveau centre dans l'Arrageois, 100 % dédié celui-ci. Comme lui, ils ne sont « même pas dix vétérinaires en France » à se pencher sur les maux de ces créatures plus exotiques que le chien et le chat qui colonisent les foyers citadins.


« Ça fait une trentaine d'années que le phénomène existe mais ça explose depuis dix ans : ce n'est plus un effet de mode !
 » L'imaginaire collectif colle aux propriétaires de NAC des images de tatoués avec un serpent autour du cou. « Il y en a encore... Mais de plus en plus, les propriétaires sont des citadins qui n'ont pas le temps d'avoir un chien ou un chat, qui cherchent un peu d'exotisme et croient, à tort, qu'un NAC exigera peu d'entretien. » Les profils varient : les jeunes qui trouvent dans l'animal exotique un moyen de se démarquer (même principe que pour le chien type staff) ; ceux qui ont « des coups de coeur pour l'animal, souvent des tortues, des iguanes... Mais j'ai déjà vu un propriétaire amoureux de son boa - en tant qu'individu et non comme espèce !
 » ; les « collectionneurs » en quête de rareté, plutôt des hommes ; et « les éleveurs ».
Depuis dix ans aussi, le vétérinaire constate une réelle demande de soins. « Avant, les gens n'étaient peut-être pas conscients qu'on pouvait en faire autant que pour un chien ou un chat. » Puisqu'on parle de bourse aux reptiles, ces derniers sont-ils fragiles ? « Ils sont archaïques, supposés résistants, mais ils restent conditionnés à un certain milieu de vie même s'ils ne l'ont pas connu.
 » Bref, « si on ne recrée pas leur biotope, leur système immunitaire s'en trouve fragilisé. » Pas facile pour un novice de repérer qu'un serpent ou une tortue est patraque. « C'est un autre langage que le chien et le chat, il n'y a pas que l'examen clinique. » Ce qui fait que Frédéric Vlaemynck travaille à un autre rythme que ses confrères.
« On est plus dans l'urgence. On ne vient quasiment jamais à temps en consultation : il y a une phase asymptomatique ; après, l'état se dégrade d'heure en heure. On doit d'abord stabiliser l'animal avant de passer à la prévention. » C'est peu dire qu'il reste beaucoup à faire en matière « d'éducation » du public. « Ça passe par des clubs comme le Cercle aquariophile et terrariophile Flandre Artois, la formation des vendeurs, les conférences... » Les conférences, tiens. Le 26 août, jour de la bourse, il sera l'un des animateurs des deux prévues. Et le temps que ceux qui s'y inscriront passeront à les écouter « comptera pour l'obtention du certificat de capacité ». Autrement dit pour « l'autorisation préfectorale de détenir, vendre et/ou exposer des animaux domestiques ou non domestiques ». Selon un classement très complexe que nul n'est supposé ignorer. Dura lex...
De ces conférences accessibles à tous, l'une portera sur « la sélection des couleurs » ou comment des apprentis sorciers de la génétique des reptiles impactent sur l'espèce. L'autre apportera « les bases de l'aménagement d'un terrarium. L'importance de l'aération, de l'humidité... » Des conseils utiles à quiconque veut adopter un animal exotique. « Selon les statistiques, ils sont 1,4 millions en France, mais on peut miser sur trois fois plus ! » Les lézards, les pogonas en particulier, ont le monopole du coeur. Les serpents ? « Les plus détenus sont le python royal, une mauvaise idée pour débuter, ou le serpent des blés, plus recommandé. » Et puis il y a les tortues. De Floride ou assimilées, ou grecques. Indémodables, souvent hélas illégales. « À cause de trafics ou par méconnaissance » de règles variables d'un pays à l'autre. Mais aux yeux de la loi, pas de carapace qui vaille : le risque, c'est une amende et du sursis.

Nord Éclair