Béthune

Un ménage sur quatre de l'arrondissement en dessous du seuil de pauvreté

Publié le 18/07/2012 à 00h00

Qui s'en étonnera ? Dans un pays où la crise sociale persiste et où le chômage n'a jamais été aussi élevé depuis douze ans, l'arrondissement de Béthune s'appauvrit. Principal facteur de la précarité : un accès difficile à l'emploi durable, pointe une étude de l'agence d'urbanisme que confirme la mission locale.

Un ménage sur quatre de l'arrondissement en dessous du seuil de pauvreté
Qui s'en étonnera ? Dans un pays où la crise sociale persiste et où le chômage n'a jamais été aussi élevé depuis douze ans, l'arrondissement de Béthune s'appauvrit. Principal facteur de la précarité : un accès difficile à l'emploi durable, pointe une étude de l'agence d'urbanisme que confirme la mission locale.



PAR CHRISTIAN LARIVIÈRE
bethune@info-artois.fr 1 Au-dessous de la moyenne D'ici peu, des intercommunalités d'Île de France, de Rhône-Alpes et de Provence-Côte d'Azur contribueront au financement d'Artois Comm.. En se penchant, à la veille des vacances, sur le fonds de péréquation qui doit se mettre en place, le conseil communautaire avait aligné des statistiques collectées par l'agence d'urbanisme, et qui interpellent. L'étude révèle que dans la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, le revenu par habitant (9 922 E par an) est inférieur à la moyenne nationale (12 912 E). Et bien des ménages vivent avec beaucoup moins, en particulier dans le Bruaysis où c'est le cas pour un tiers des familles. Sur l'ensemble de l'arrondissement, l'agence d'urbanisme constate que près d'un ménage sur quatre vit en dessous du seuil de pauvreté fixé sur le territoire métropolitain à 7 754 E nets par an, soit 646 E nets par mois.


2 Emploi précaire Même si les effectifs de Bridgestone ou de la Française de Mécanique sont en baisse par rapport à il y a dix ans, de grands groupes dans l'automobile, la métallurgie, la plasturgie, l'agroalimentaire conservent au bassin de Béthune-Bruay le rang de deuxième arrondissement industriel de France. Et pourtant, l'emploi précaire, autrement dit les emplois pour lesquels le contrat n'excède pas six mois, y est plus répandu que dans l'ensemble du pays.
« Nous n'accueillons pas beaucoup plus de jeunes mais nous devons les suivre plus longtemps », constate Virginie Fierrard, directrice adjointe de la mission locale qui, de formations en missions d'intérim, voit revenir dans ses bureaux du Mont-Liébaut une bonne partie de ceux qu'elle accompagne.
3 Travailleurs pauvres Ainsi, il ne suffit pas toujours de sortir un pied du chômage pour ne plus tirer le diable par la queue. Contrairement au département, à la région ou à la France métropolitaine, où le taux de pauvreté monétaire a diminué entre 2001 et 2009, il s'est maintenu au même niveau dans l'arrondissement de Béthune, constate l'agence d'urbanisme qui observe une progression de 7 % dans le Bruaysis. Elle le mesure en recensant les bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active) qui perçoivent une aide financière venant compléter un revenu trop faible pour vivre normalement. Selon des chiffres qui datent de février 2011, cela concerne 36 % des 11 851 bénéficiaires du RSA dans l'arrondissement.

Nord Éclair