Béthune

A. Flajolet : « Faut pas vouloir s'accrocher à un pouvoir qui ne se donne plus à vous »

Publié le 19/06/2012 à 00h00

Sans amertume et avec sincérité, André Flajolet revient sur sa défaite. Le député sortant, gaullisme chevillé au corps, se confie sur son avenir et celui de l'UMP à Béthune. Un 18 juin. Tout un symbole.

A. Flajolet : « Faut pas vouloir s'accrocher à un pouvoir qui ne se donne plus à vous »
Sans amertume et avec sincérité, André Flajolet revient sur sa défaite. Le député sortant, gaullisme chevillé au corps, se confie sur son avenir et celui de l'UMP à Béthune. Un 18 juin. Tout un symbole.



PROPOS RECUEILLIS
PAR DAVID CIERNIAK


bethune@info-artois.fr La nuit d'après scrutin fut-elle longue ou courte ?
« Elle fut normale. » Votre analyse du résultat ?
« Premièrement, une partie des gens traditionnellement de droite, ayant même voté FN ont considéré que le week-end était sacré par rapport au devoir électoral. Deuxièmement, les annonces péremptoires sur des votes différents de ceux de la famille politique d'origine n'ont pas eu les incidences escomptées. À partir de là, les calculs échafaudés devaient être revus de 5 %, c'est l'explication de ma défaite. » Le « tout sauf Saint-André » n'a pas fonctionné ?
« Il n'a pas eu la puissance escomptée. Peut-être parce que Saint-André est encore un inconnu ou un méconnu ? Peut-être parce que je n'étais pas assez attractif sur le marché béthunois ? Peut-être parce que la méthodologie n'était pas la bonne ? Toujours est-il que cette circonscription a basculé alors que je ne m'y attendais pas. Est-ce que le message anti-Saint-André, avait un contenu ? Non, c'était un slogan. Est-ce que Saint-André avait lui même un contenu ? Non, il s'est contenté d'être le magnétoscope de F. Hollande. Les gens ont choisi dans ces images-là. » Quelles images ?
« Entre une vision peut-être trop exigeante de ma part, appelant aux vertus du travail, de l'effort, de l'économie et une vision très sympathique et conviviale, de la dépense possible pour chacun de la part du candidat se réclamant du PS. Et une absence de critique de la gestion de la ville de Béthune, qui est à la fois laxiste et aventureuse. »

« Un tas de gens m'attendent ailleurs »

La stratégie de la bascule par le Mont-Liébaut était-elle bonne ?
« Lorsqu'on regarde les résultats, elle a fonctionné. Je fais des scores plus qu'honorables. La stratégie est bonne sur le long terme, à condition que quelqu'un prenne la relève. Il appartiendra à l'UMP de quelle suite à donner au capital que je laisse. » Ce n'est pas vous qui allez le faire fructifier ?
« Je n'en ai pas l'intention. » Qui alors ?
« Je ne suis pas du genre à désigner les successeurs. Il y aura certainement une bataille entre les autoproclamés, les frustrés, les légitimes, les attentistes... c'est normal. Il y a des jeunes qui méritent de relever le flambeau. Des adultes qui méritent de continuer leur militantisme.
Moi je serai là s'ils estiment que c'est nécessaire, mais sans plus. » Plus en première ligne ?
« Je ne pense pas. Il faut savoir s'arrêter, poser les valises. Il y a un tas de gens qui m'attendent ailleurs. Faut pas vouloir s'accrocher de façon désespérée à un pouvoir qui ne se donne plus à vous. » Votre avenir ?
« J'ai des mandats à finir, avec une mairie et une équipe formidable, et peut-être d'autres sollicitations. Je ne vais pas écarter mes adjoints qui assurent le travail depuis 10 ans, je vais les conforter. On va en discuter entre nous... on ne va pas casser une mécanique qui marche. Je ne suis pas au-dessus d'eux mais au milieu d'eux. » Votre avenir est-il à l'UMP ?
« J'étais membre de droit car député, je reste foncièrement un militant du gaullisme, on verra demain. »

Nord Éclair