Béthune

Un anniversaire qui précipite le baptême de la place de Gorre

Publié le 20/03/2012 à 00h00

Le symbole fort valait bien un rassemblement. Une centaine de personnes - essentiellement des anciens combattants d'Algérie ou des écoliers - ont assisté hier midi au baptême de la place de Gorre. Ce jour-là n'a pas été choisi par hasard. Et si la date du baptême n'a pas pu attendre la fin d'une rénovation toujours en cours, c'est simplement que le lieu se nommera désormais place du 19-Mars-1962

Un anniversaire qui précipite le baptême de la place de Gorre
Le symbole fort valait bien un rassemblement. Une centaine de personnes - essentiellement des anciens combattants d'Algérie ou des écoliers - ont assisté hier midi au baptême de la place de Gorre. Ce jour-là n'a pas été choisi par hasard. Et si la date du baptême n'a pas pu attendre la fin d'une rénovation toujours en cours, c'est simplement que le lieu se nommera désormais place du 19-Mars-1962


, jour du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie.

PAR CHARLES-OLIVIER BOURGEOT



bethune@info-artois.fr Il n'est pas encore midi à Beuvry. Les enfants se font attendre. Leur sortie de classe ne saurait tarder à quelques mètres de là dans l'école La Fontaine. Une petite centaine de personnes patientent déjà sur la place de Gorre autour du maire Nadine Lefebvre et du député Serge Janquin. Aux côtés de Serge Gogail aussi. Le président du comité béthunois de la FNACA, qui compte 241 membres et trois sections, n'est pas mécontent de l'affluence. Malgré la grande cérémonie organisée à Lorette et l'âge vieillissant des anciens soldats d'Algérie, ils sont venus nombreux.
Preuve que ce moment est très attendu. Depuis quelques années, la FNACA locale réclame une place, une rue ou un lieu pour se souvenir du 19 mars 1962. « C'est une journée importante, pas parce qu'on a gagné la guerre, mais parce qu'on a gagné la paix », précise-t-il. Elle le deviendra d'autant plus dans ce hameau où la place commémore depuis hier le jour du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie. Beuvry a sa place du 19-Mars-1962.

Cinquante
roses blanches

« Depuis deux ans, ce projet a été porté par plusieurs voix dont celle de la FNACA », salue Nadine Lefebvre se félicitant de voir ce nouveau nom approuvé à l'unanimité par le conseil municipal et profitant de la cérémonie pour rappeler combien le quartier a changé depuis quatre ans. Elle cite l'école La Fontaine, la prévôté de Gorre et sa salle Robert-Hazebrouck et cette place qui a vu disparaître l'ancien préfabriqué mais n'a pas encore totalement fini sa cure de jouvence. Elle la terminera sous son nouveau nom.
Accompagnée de deux enfants de La Fontaine, Nadine Lefebvre dévoile la plaque sous le regard attentif des écoliers qui ont fini par gonfler les rangs de l'assistance. Chacun tient symboliquement une rose blanche. Cinquante au total, déposées au pied de la plaque « en souvenir des 50 années que nos camarades morts pour la France n'ont pas connu », rapporte Serge Gogail. A fortiori sur un territoire peu épargné par les pertes humaines. Le Pas-de-Calais fut le troisième département le plus touché. Rien que dans le secteur, 12 Béthunois ont trouvé la mort en Algérie, six à Noeux, deux à Beuvry (dont un de Gorre) et un à Annezin. Mis à l'honneur hier, André, Jean et Roger Delbarre, trois frères du quartier, trois anciens soldats d'Algérie, peuvent toujours témoigner de la dureté du conflit. Cette plaque viendra également rafraîchir la mémoire collective.

Nord Éclair