Cinéma : un patron de salle boulonnais partant pour un projet « de proximité »
Publié le mercredi 17 mars 2010 à 06h00
Jacky Lebas assistait samedi à l'inauguration de la foire. L'homme par qui la lumière arrive dans les salles obscures?
« Le cinéma de Béthune », bientôt sur vos écrans ? Qui sait. Le scénario de l'un des projets les plus attendus est si plein de rebondissements qu'on peut parler de saga. Le dernier épisode est peut-être en cours de réalisation : un indépendant boulonnais s'y voit bien.
PAR ISABELLE MASTIN
bethune@info-artois.fr Des trahisons. Des noms d'oiseaux. Des coups de poker. Tout est là pour faire du cinéma de Béthune la tête d'affiche d'une saga pleine de péripéties. On pourrait même en faire une comédie si les habitants n'étaient pas si pressés de retrouver une salle bien à eux, depuis 2004 que la fermeture du Sully les en prive. D'annonce de signature de bail en retrait de promoteurs, on n'ose plus hasarder de pronostics. Un homme pourtant vient de sortir du côté obscur du projet. Samedi, Jacky Lebas était de la fête d'ouverture sur le champ de foire et si tout se passe comme prévu, le maire et lui ont bon espoir que « le chantier puisse débuter d'ici un an » sur le parking sauvage de la gare. Lequel présente l'avantage considérable d'être la propriété de la ville.
Jacky Lebas ne se cache plus derrière les projecteurs. Samedi, il s'est promené en ville avec toutes ses casquettes sur la tête : adjoint à Boulogne-sur-Mer, chargé « du commerce, des fêtes, des foires et des cirques » ; président de l'association Nord Circus où il joue les Monsieur Loyal entre forains et villes ; patron de cinémas surtout. « Ça fait 42 ans que je suis dans le métier », précise-t-il en évoquant son paternel qui « pendant la guerre et après-guerre » faisait figure de pionnier dans sa bonne ville de Caen.
Faire comme les Stars Jacky Lebas, lui, a ouvert sa première salle à 19 ans, non loin du nid familial. Mais depuis deux décennies, c'est à Boulogne que Les Stars brillent.
« Un complexe indépendant art et essai. » Sept salles pour 780 places, des tarifs allant de 4,50 E à 8 E selon les plages horaires. Ambiance « cocoon ». Le type de concept qu'il rêve de décliner à Béthune. « Je crée une société spécifique avec 2 associées, Christine André qui sera responsable de la partie administrative et juridique, et Hélène Lebas, pour la programmation, l'accueil des groupes. » Ce n'est pas d'hier qu'il se fait des films sur Béthune. « J'ai été intéressé dès la première heure.
» Et retenu parmi les candidats crédibles (lire ci-contre) avant d'être découragé par les termes du bail. Puis « Stéphane Saint-André a repris contact avec moi, il est venu voir avec son équipe comment on dirige notre salle. » Jacky Lebas n'est pas un perdreau de l'année et il jure qu'avant d'avancer ses pions, il a tâté le terrain. « Ma passion va vers les projets de centre-ville. » Et le Méga CGR à Bruay ? « Ça m'excite quand il y a de la concurrence ! » Pas tête-brûlée à ce point-là, il brandit un pare-feu : une étude de marché. « On n'a pas fait les choses à la légère. Elle a été faite par un spécialiste de Clermont-Ferrand. Il ne se trompe jamais ! » Trois mois d'enquête à croiser des critères allant de la place de la concurrence au bassin de population, en passant par la part d'adolescents dans la pyramide des âges ou le nombre de retraités désireux de se passer de voiture pour aller au ciné. « L'avenir du centre-ville, c'est d'avoir tout à portée de main. » Pour un projet tablant sur huit salles mêlant art et essai (en « concertation » avec les Étoiles) et programmation généraliste, l'étude fixe un seuil de rentabilité à 250 000 entrées tout en misant sur un potentiel de 300 000 spectateurs l'an, « voire plus », restent convaincus Jacky Lebas et le maire qui se répètent que le Sully atteignait les 400 000.
Jacky Lebas estime qu'il faut mettre « 6 millions d'euros sur la table ». Depuis six mois, « on a eu de nombreuses réunions à une cadence très serrée. » Georges Odetto, qui garde un oeil protecteur sur Jacky Lebas, a assisté à plusieurs d'entre elles. Prochaine étape : juin, pour étudier la répartition entre partenaires. Jacky Lebas et ses associés, la ville et un dernier « pour les murs ». Monteront-ils une SCI ? Resigneront-ils un bail emphytéotique ? Le maire hésite, qui se félicite de la création d'une ZAC. « Ce serait plus long si la ville maîtrisait tout. » Bref, « il n'y a pas de raison que les choses n'avancent pas vite ».


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...