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BETHUNE

Les candidats béthunois mal placés pour faire entendre la voix du beffroi

André Flajolet, tête de liste UMP dans le Pas-de-Calais, Daniel Boys, conseiller régional PS, et Amel Gacquerre, candidate MoDem. André Flajolet, tête de liste UMP dans le Pas-de-Calais, Daniel Boys, conseiller régional PS, et Amel Gacquerre, candidate MoDem.

Dimanche, on vote. Plusieurs candidats sont engagés à Béthune. À trois jours du premier tour, aucun n'a une tête de gagnant potentiel. Les enjeux sous le beffroi.




PAR CHARLES-OLIVIER BOURGEOT


bethune@info-artois.fr 1 L'UMP a-t-il quelque chose à gagner ?
Seule certitude pour André Flajolet, il sera réélu à la Région, quel que soit le score de la majorité présidentielle. Autre quasi-certitude, il ne siégera pas dans l'exécutif, le maintien prévisible du Front national condamnant la liste emmenée par Valérie Létard. Ce n'est donc sûrement pas un hasard si le député de Béthune s'est essentiellement entouré de jeunes pour les régionales. Deux seront même élus. Leitmotiv des « jeunes pop' » : « préparer les conseillers territoriaux de 2014 ». Ce que répète à l'envi le Béthunois Pierre-Emmanuel Gibson (25e) qui s'y voit sans doute déjà. Mais, dimanche, l'UMP se contenterait bien de la première place des européennes. Plus qu'elle ne peut se satisfaire du score (22,36 %), la droite n'ayant pas de réserves. Ce serait déjà beaucoup mieux que la débâcle de 2004 (16,33 %) à une époque où Valérie Létard menait l'UDF (7,6 %).
2 Le PS de Béthune
a-t-il déjà perdu ?
La place de Daniel Boys (23e) n'augure rien de bon pour la section Copernic, grande perdante de la composition de la liste de Daniel Percheron. Preuve qu'en laissant filer la mairie, elle a perdu une visibilité auprès de l'exécutif régional. Preuve aussi que l'interminable guéguerre avec le maire pour placer les radicaux n'a rien arrangé. Sauf improbable remaniement d'entre-deux-tours, le conseiller régional sortant, malgré un bilan qualifié par beaucoup de bon, perdra son poste. Sa seule issue de secours : réaliser un gros score au premier tour, proche des 38,99 % de 2004, ou des 41,49 % des municipales, pour ensuite peser sur les négociations. Sinon, Beuvry n'est pas loin et Nadine Lefebvre (14e) devrait passer. Et puis, il y a toujours le président de l'agglo, Alain Wacheux (3e), d'ores et déjà grand vainqueur... des dissensions béthunoises.
3 L'arc en ciel MoDem est-il une illusion ?
Comme François Bayrou au plan national, le couple Gacquerre joue gros à Béthune. Amel Gacquerre, l'adjointe au maire qui se dit représentante de la « majorité arc-en-ciel », est en première ligne (6e) pendant qu'Olivier Gacquerre ne s'est pas ménagé, plaçant deux proches collaborateurs (Hakim Elazouzi 9e et Guillaume Vittu 19e) sur la liste de Frédéric Leturque. Le score de dimanche donnera une idée précise de leur poids à Béthune, après les 8,91 % aux européennes, alors que cette campagne a été marquée par le déchirement des centristes béthunois, le canal historique tirant à boulets rouges sur les « héritiers ».
4 Rassembler les écolos fait-il une force verte ?
Le Verquinois Michel Hecquet (5e) pourrait profiter de la paix des urnes entre le Mouvement écologiste indépendant (MEI) et les Verts, unis sous la bannière d'Europe Écologie. Lui se voit déjà comme le seul « Béthunois » dans l'exécutif du conseil régional, fort de sa 5e position sur la liste d'Europe Écologie où figure aussi l'adjointe au maire Anne Écuyer (39e). En 2004, les deux forces additionnées représentaient presque 10 %. Elles atteignaient 17 % aux européennes. Un score entre les deux contenterait les écolos. Et conforterait Michel Hecquet dans son éligibilité.
5 Combien de chiffres pour l'extrême droite ?
L'éternel inconnu. Encore que son implantation a toujours été importante, avec des scores dépassant régulièrement les deux chiffres. Le FN était au-dessus en 2004 (14,13 %) et flirtait avec aux européennes (9,71 %). En l'absence de candidats locaux, Marine Le Pen poursuivra ce matin sa campagne sous le beffroi de Béthune.


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