La commune aurait déjà reçu 266 000 E pour l'aire d'accueil des gens du voyage
Publié le mardi 09 février 2010 à 06h00
C'est un sujet qui revient sur le tapis depuis 2002 : l'aire d'accueil des gens du voyage. Fin 2009, le conseil municipal a voté son implantation rue de Drouvin (notre édition du 3 février).
Sauf que... un courrier de la préfecture tend à prouver que le maire aurait déjà reçu un accord de subvention de plus de 260 000 E... pour la rue de Mazingarbe.
Pas question pour Jacques Switalski, fervent opposant de Jacques Villedary, d'implanter l'aire d'accueil des gens du voyage rue de Drouvin, ainsi que décidé au dernier conseil municipal. Jeudi, le chef de file de Vivre à Noeux a donc convié les habitants à une réunion. Une centaine de personnes s'y sont rendues.
C'est en faisant quelques recherches pour préparer cette assemblée que Jacques Switalski a eu la surprise de découvrir que cette subvention de 266 787,50 E avait déjà été accordée à la mairie pour le terrain de la rue de Mazingarbe. Heureux ? Pas vraiment. L'opposant fustige le maire : « Je ne comprends pas pourquoi, en tant qu'élus, on n'a pas été mis au courant. » Au dernier conseil, le maire avait de surcroît éludé la question de son opposant concernant une étude lancée en 2003 pour vérifier la faisabilité technique et financière du projet d'implantation « après la ligne SNCF et avant l'autoroute », sur des terrains appartenant à la mairie. Projet lancé par le maire lui-même lors du conseil municipal du 30 juin 2003, qu'il justifiait ainsi : « Les réseaux d'eau, de gaz, d'égout sont présents l'accès y est possible, facile (...). Ce qui est également important, c'est que cela ne touche aucun quartier. » La majorité, convaincue, avait voté pour. Sauf qu'au-delà de cette date, le chef de file de Vivre à Noeux assure qu'il « n'a pas eu de nouvelles concernant ce dossier ».
30 juin,
dernier carat
Pourtant, Jacques Villedary lui, n'a pas cessé de bûcher sur le projet. En 2003, il obtient un délai courant jusqu'au mois d'avril 2004 pour choisir un emplacement, sous peine de quoi, c'est le préfet qui le lui imposera sans accorder de subvention. Or, si l'on s'en réfère à l'en-tête d'un courrier adressé au maire par le préfet le 1er juillet 2008, on peut y lire que la demande de subvention a été faite par Jacques Villedary le 31 mars 2004, soit la veille de la date fatidique. Le maire évitait ainsi de justesse une injonction de la préfecture et obtenait, en juillet 2008, une subvention de plus de 260 000 E.
Mais l'édile ne s'arrête pas là. Pour que ladite subvention lui soit accordée, il faut que les premiers travaux débutent dans les douze mois suivant la notification. Là encore, il négocie et obtient un délai de douze mois supplémentaires. Les travaux doivent donc être engagés avant le 1er juillet 2010. Et c'est là que l'une de ses déclarations au dernier conseil municipal prend tout son sens : « Si on ne délibère pas avant le 30 juin 2010, on perd la subvention. » Cette affaire revient donc au maire comme un boomerang et là, il n'a plus d'alternative. Il va falloir construire l'aire d'accueil.
HEDWIGE HORNOY




