Coenmans, spécialiste du recyclage industriel, se développe et embauche
Publié le mercredi 30 décembre 2009 à 06h00
Huit millions d'investissement en trois ans sur le port fluvial pour Coenmans, qui espère inaugurer ses nouveaux bâtiments en juillet et a déjà commencé à embaucher. Objectif : doubler sa capacité de production sans mettre un camion de plus sur la route. Du développement durable... et local.
PAR ELSA LAMBERT-LIGIER
bethune@info-artois.fr Les travaux ont démarré le 12 octobre. Ralentis en novembre à cause de la pluie et en décembre à cause de la neige, ils devraient s'achever en juin pour une inauguration le mois suivant. Coenmans, installé à Béthune depuis 15 ans, se développe. Et investit 5 millions d'euros. L'accueil du particulier va être sécurisé. Entre 20 et 100 personnes, chaque jour, viennent déposer ce qu'ils ont débarrassé de leur grenier ou cave, leurs anciens appareils... Du monde en volume mais seulement 10 à 15 % de l'activité de cette PME. Un guichet va être créé, où le particulier sera payé de la marchandise apportée.
Demain, une unité permettra de traiter les déchets d'équipement électrique ou électronique, petit ou gros électroménager, ordinateurs... Cette unité sera capable de traiter la chaîne du froid, à savoir de récupérer le fréon pour dépolluer les appareils démontés totalement ou en partie, en fonction des cours. « C'est comme la bourse, ça change toutes les dix secondes. Notre but, c'est de valoriser la matière », souligne Yves Gille, directeur.
Dans six mois, Coenmans sera aussi capable de traiter le câblage électrique. Une unité de broyage séparé (plastique, alu, fer...) sera montée. « Toujours dans le but d'optimiser le recyclage. » Les travaux permettront, enfin, d'accepter les véhicules hors d'usage. Ils seront dépollués, cisaillés et pressés avant de partir vers des unités de broyage.
La crise a touché Coenmans. Comme tout le monde. Et doublement, explique Yves Gille. D'une part parce moins de production industrielle entraîne forcément moins de déchets. D'autre part, parce que soumis à la bourse, les cours ont connu de grosses fluctuations. « Entre juin 2008 et décembre 2008, les prix ont été divisés entre 4 et 8. En juin 2008, le cuivre se négociait entre 6 et 8 E le kilo, contre 2 E en décembre et 5 E aujourd'hui. » Néanmoins, en 2009, la casse a été limitée. « Nous avons deux atouts. Notre rayonnement mondial, on achète et revend dans le monde entier. Et notre position logistique. 50 % des marchandises repartent par voie fluviale. Notre objectif est, d'ailleurs, de doubler notre capacité totale entre 5 et 10 ans sans mettre un camion de plus sur la route. » Et ce, grâce à leur 2e projet : création d'un quai au bout du port fluvial. Les premières esquisses sortent et la première utilisation est prévue en 2011. Reste la question du financement : 3 millions. Est-ce la PME qui le réalisera ou la CCI, propriétaire des terrains, qui le mettra à disposition de l'entreprise ? Les négociations sont en cours.
Un développement qui permet à cette entreprise d'embaucher. Déjà un chef de parc, un contrat de qualification chargé de la qualité, de la sécurité et l'environnement et une secrétaire sur le point de l'être. Plus six agents présélectionnés, grâce à l'aide d'Artois Comm. et du PLIE. Soit 50 % de l'effectif en plus en deux ans. Et ce n'est sans doute pas fini. « C'est un métier d'avenir », parie Yves Gille qui lutte contre une image dévalorisante et sale. Et plaide pour la fibre verte.





