Cécile Martin dans le jury de l'Éducation nationale à Cannes
Publié le dimanche 17 mai 2009 à 06h00
Hier soir à minuit et demi, elle visionnait le dernier film de Sophie Marceau. Ce matin, une nouvelle projection l'attend à 8 heures. Cécile Martin, professeur de lettres au collège de la Sainte-Famille et au lycée Saint-Dominique à Béthune, fait un festin de cinéma à Cannes : comme membre du jury de l'Éducation nationale.
Comment avez-vous été sélectionnée dans ce jury ?
Le rectorat avait lancé un appel à candidatures. Il y a eu une première sélection. Sur les soixante-dix volontaires, douze ont été présélectionnés et six finalement retenus. J'ai été convoquée au ministère, rue de Grenelle à Paris, pour un entretien avec Christine Juppé-Leblond, inspectrice générale qui se bat pour que le septième art ait toute sa place parmi les options artistiques au lycée, à côté du théâtre, des arts plastiques, de la musique.
Avez-vous suivi des études de cinéma ?
En préparant une licence de lettres modernes spécialisée à la Sorbonne, j'ai participé à des stages techniques, à des sessions d'analyse de l'image fixe et mobile. À Béthune, j'ai créé un atelier qui va déboucher, à la rentrée, sur l'ouverture d'une section cinéma au lycée Saint-Dominique en partenariat avec Les Étoiles à Bruay.
À quoi le prix de l'Éducation nationale est-il destiné ?
À choisir, parmi les quarante-deux films de la sélection officielle, un long métrage qui deviendra un outil pédagogique via un DVD et la réalisation d'une plaquette. Notre jury de six enseignants et deux étudiants en cinématographie va voir les mêmes films que le jury officiel. Nous assistons aux mêmes projections que lui dans les salles Debussy et Lumière du palais du festival. À des séances où la robe de soirée est obligatoire.
Par quoi avez-vous été le plus impressionnée ?
Mon père habite Cannes mais je n'avais jamais participé au festival. Je me rends compte que j'ai une chance inouïe en voyant le parcours du combattant de tous ces gens qui font la queue et ne parviennent pas à obtenir de places dans des salles pleines. Le festival, ce sont des paillettes mais aussi et d'abord une rencontre de vrais amoureux du cinéma. Ce qui est fantastique, c'est de pouvoir applaudir. En dehors de Cannes, le public ne réagit pas après la projection. Ici, il y a les applaudissements, les sifflets, les rires, les yeux remplis de larmes... C'est très euphorisant.
Quelle est la vie des membres du jury entre les projections ?
Les séances commencent tôt et les journées finissent tard. On se retrouve tous les jours vers 18 heures pour débroussailler, épurer. Cela ne laisse pas de temps pour la plage. Il fait beau sur la Croisette mais on va rentrer blancs comme des cachets d'aspirine ! (Propos recueillis par Christian LARIVIÈRE)





