Bridgestone dégonfle son vivier d'intérimaires
Publié le mercredi 11 mars 2009 à 06h00
Touché par le chômage partiel, Bridgestone n'échappe pas à la crise des équipementiers automobiles. L'usine française du géant de pneumatiques doit se séparer d'une trentaine d'intérimaires. Une décision attendue que la direction a confirmée hier en comité d'établissement extraordinaire.
PAR CH.-OLIVIER BOURGEOT
bethune@info-artois.fr Chez Bridgestone, les nouvelles sont mauvaises, mais meilleures qu'ailleurs. Celles annoncées hier aux partenaires sociaux étaient attendues. À savoir que l'usine française de pneumatiques est contrainte de se séparer de 34 intérimaires. Ceux dont le contrat n'est pas renouvelé parce que lié à un surcroît d'activité. La direction va d'ailleurs procéder à une nouvelle baisse de la production journalière. L'usine tournera désormais à 21 500 pneus contre 22 500. Autant dire qu'on s'éloigne un peu plus des 27 000 espérés en 2010 avec l'extension du site.
Chez les syndicats, on reste néanmoins optimistes. « On tient encore bien la route », constate Yvon Massart, délégué syndical CGT. « On préserve les deux tiers des intérimaires », positive Christian Antoniewicz (CFTC). Cent sept demeurent intégrés dans les effectifs. Le directeur Bruno Capron rappelait en janvier l'importance de garder ce vivier formé par Bridgestone. Mais il annonçait déjà à l'époque son intention de ne pas renouveler un certain nombre de contrats. L'annonce d'hier est donc tout sauf une surprise alors que l'usine vient d'observer sa première période de chômage partiel. Une quarantaine de jours d'arrêt sont encore prévus d'ici fin juin.
Reste que le départ d'un certain nombre d'intérimaires va entraîner des changements dans l'organisation. « On a fait part de nos inquiétudes en matière de flexibilité », indique Yvon Massart. La CGT de s'inquiéter de la polyvalence qu'on pourrait exiger. « Ça va demander beaucoup d'aptitudes pour pouvoir changer de machines sans avoir la formation requise. » La CGT observe aussi des changements du côté des stocks : « Ils ont un peu baissé. On a une meilleure marge qu'en janvier. » Un argument au moment de renégocier les salaires ? Yvon Massart : « On va essayer de défendre notre pouvoir d'achat. » Car lui-aussi connaît la crise.





