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MEURTRE DE FARBUS

La peine de 30 ans confirmée en appel pour John Szablewski

Si Me Bleitrach se félicite du jugement de la cour d'appel, la mère de Laurence, sa cliente, a du mal à s'en satisfaire complètement. Si Me Bleitrach se félicite du jugement de la cour d'appel, la mère de Laurence, sa cliente, a du mal à s'en satisfaire complètement.

Non seulement la cour de Douai a condamné le meurtrier de Laurence Maille à la même peine qu'en première instance mais elle l'a assortie de 10 ans de suivi socio-judiciaire. Un jugement qu'il n'accepte pas.



CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
Cette fois encore, les excuses à peine audibles prononcées par John Szablewski à l'issue de trois jours de procès n'ont pas suffi à attendrir le jury. Reconnu coupable du meurtre de sa compagne Laurence Maille en novembre 2007, il a écopé de 30 ans de réclusion criminelle dont 20 de sûreté comme en première instance aux assises de Saint-Omer en mars dernier. En outre, il doit répondre d'un suivi socio-judiciaire pendant 10 ans au risque de voir sa réclusion prolongée de 5 ans. Un jugement que n'accepte toujours pas le Farbusien qui a confié sa volonté de se pourvoir en cassation, ce qui impliquerait un nouvel examen du dossier sur la forme et non plus sur le fond. « Là, il réagit sur le coup, tempère M e Julie Gorny, un de ses avocats. Nous allons en discuter calmement. » Pour Me Pierre-Jean Gribouva, lui aussi chargé de défendre John Szablewski, « ces peines sont prononcées pour un certain type de criminel : des tueurs en série, des meurtriers d'enfants, des auteurs d'actes de torture et de barbarie et j'avais le sentiment qu'il ne rentrait pas dans cette catégorie ». Seulement voilà, la fixation de la peine ne se joue pas sur la seule gravité des faits, mais prend également en compte le degré de dangerosité de l'accusé ainsi que sa personnalité. Et celle de John Szablewski est loin d'être reluisante au goût de Luc Frémiot, l'avocat général.
Durant son réquisitoire, ce dernier n'a pas manqué de pointer du doigt le « sadisme », la « perversité », la « cruauté » du jeune homme qui a multiplié les mensonges aux proches de la victime les jours suivant son geste et échafaudé des scénarios parfois invraisemblables pour se disculper auprès des enquêteurs.


Ses aveux aux assises de Saint-Omer, réitérés à Douai en appel et auxquels il a encore apporté de nouvelles précisions, n'ont pourtant pas sauvé sa cause.
Car de nombreuses zones d'ombre persistent quant aux circonstances exactes du meurtre de Laurence Maille. Luc Frémiot allant même jusqu'à esquisser une éventuelle préméditation - pourtant non retenue dans cette affaire.
Une personnalité complexe Une théorie que la défense s'est évertuée à démonter en mettant le « sang froid » dont a fait preuve John Szablewski après avoir étranglé sa compagne et son « art de la mise en scène » sur le compte de « sa personnalité complexe, basée sur les mensonges et le besoin de paraître, qui s'est construite sur un manque affectif dès l'enfance ». Un trait de caractère qui, selon Me Gorny, « ne fait pas de lui un monstre » qui ne serait pas en mesure de se réadapter. Ce qu'a mis en doute l'avocat général, n'écartant pas le risque d'une récidive. « Il est incapable de se remettre en question, tout ce qu'il veut, c'est sortir le plus tôt possible de la maison d'arrêt pour recommencer sa petite vie. » Les arguments de ce dernier semblent avoir convaincu la cour puisqu'elle a suivi à la lettre ses réquisitions et s'est même montrée un peu plus sévère en y ajoutant une obligation de suivi. Un maigre soulagement pour les parents de Laurence qui, pour leur part, « sont condamnés à perpétuité aux pleurs et à la solitude ».w


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