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CONSOMMATION Une infection au pied après avoir acheté des chaussures chinoises

Publié le 09/10/2011 à 00h00

Un habitant de Mons-en-Baroeul a dû être hospitalisé pour une infection au pied après avoir acheté des chaussures fabriquées en Chine. Il réclame leur retrait mais personne ne veut prendre sa plainte.

  CONSOMMATION Une infection au pied après avoir acheté des chaussures chinoises
Un habitant de Mons-en-Baroeul a dû être hospitalisé pour une infection au pied après avoir acheté des chaussures fabriquées en Chine. Il réclame leur retrait mais personne ne veut prendre sa plainte.


BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr
Il le dit tout net : il ne cherche pas à gagner d'argent. il veut juste qu'« on ne puisse plus vendre de chaussures qui conduisent à l'hôpital ».
Christophe Delaval, 39 ans, est fonctionnaire à la mairie de Lille et habite Mons-en-Baroeul. Il affirme avoir acheté pour 15 E une paire de chaussures en cuir, le 4 août, dans une boutique de Menin en Belgique. Dix jours plus tard, il dit les avoir chaussées pour la première fois lors d'un déplacement à Amiens. « Au retour, je me suis mis à avoir mal sur le dessus du pied gauche. Je me suis arrêté sur une aire de repos, j'ai desserré les lacets car je pensais que les chaussures étaient trop petites », raconte-t-il. C'est lorsqu'il arrive chez lui et qu'il enlève sa chaussette qu'il découvre que son pied a gonflé et qu'une plaie saignante s'est formée.



À quelle porte frapper ?

SOS médecins, appelé en urgence, oriente Christophe Delaval vers SOS Mains où il est hospitalisé sous anesthésie le 14 août, comme le confirment ses documents médicaux. L'infection, selon lui, avait « gagné presque jusqu'à l'os ». Un arrêt de travail de quinze jours, reconduit ensuite de dix jours, lui a été prescrit. « Je ne pouvais plus marcher », explique le Monsois. Le docteur Jean Larivière, qui l'a examiné après coup mais n'a pas opéré lui-même, parle d'une infection « superficielle » qui a été traitée à temps, et assure que c'est « le premier cas de ce type » qu'il voit. « Une allergie peut entraîner ce type d'infection », estime le médecin.
Car cette histoire en rappelle d'autres survenues en 2008. En juin, des allergies graves étaient provoquées par des fauteuils Conforama fabriqués en Chine (lire ci-dessous). Puis en novembre 2008, le magazine 60 millions de consommateurs révélait que plusieurs modèles de bottes et de chaussures, là encore fabriqués en Chine, avaient dû être retirés du marché par les distributeurs. Point commun de ces deux affaires : la présence de diméthylfumarate (DMF), un produit antimoisissures mais toxique, qui peut provoquer de graves démangeaisons. Interdit temporairement à l'importation par la France en décembre 2008, il l'est de manière définitive dans toute l'Union européenne depuis mai 2009.
Contacté, le gérant de la boutique de Menin nous confirme que le modèle en cause, de marque « MPL Style Italy », est bien fabriqué en Chine et qu'il l'achète à Aubervilliers. « Tout le monde sait dans le milieu qu'il y a parfois des problèmes avec les chaussures chinoises, reconnaît-il. Le problème, c'est que si vous les achetez en Italie, on les vend 40 E. Quand ça vient de Chine, on peut les commercialiser à 15 E. » Étrange aveu d'une logique commerciale plus importante que la santé publique. Au final, y avait-il du DMF, ou un autre produit toxique, dans ces chaussures ? Pour le savoir, encore faudrait-il les analyser. Christophe Delaval a tenté sa chance à la répression des fraudes, à la police de Menin, puis à celle de Mons-en-Baroeul. Personne n'a accepté d'enregistrer de plainte. « C'est plus un problème de qualification pénale que de mauvaise volonté » , indique-t-on du côté de la police. Plus une affaire de santé publique qu'une affaire pénale.w

Nord Éclair