Mobilisation record à Lens
Publié le mercredi 20 octobre 2010 à 06h00
Ils étaient 3 500 selon les syndicats, 2 700 selon les policiers. Quoi qu'il en soit, les manifestants n'ont jamais été aussi nombreux dans les rues de Lens depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites. Loin de s'essouffler, la grogne s'intensifie.
CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
Fumigènes, pétards, sifflets, mégaphones, banderoles et slogans à foison... À Lens, les manifestants se sont donné les moyens de se faire voir et de se faire entendre du gouvernement. « On continue de lutter et on n'est pas près de baisser les bras » , soutient Joëlle. Âgée de 57 ans, cette ex-cadre, aujourd'hui en contrat avenir dans une école alors qu'elle a validé tous ses trimestres, dénonce cette réforme qui « précarise l'entrée des jeunes dans la vie active ».
Des jeunes qui n'ont pas hésité à venir gonfler les rangs du cortège. Plusieurs centaines de lycéens de l'arrondissement ont battu le pavé aux côtés des syndicats. « C'est important pour nous de montrer que nous sommes solidaires de la mobilisation et que nous n'avons rien à voir avec les mouvements de casseurs. On est là pour défendre le droit à une retraite décente, pas pour retourner des voitures et mettre le feu aux poubelles » , insiste une élève du lycée Picasso d'Avion, encore marquée par les débordements de lundi survenus aux abords du stade Bollaert.
Afin d'éviter que ce phénomène de bandes se reproduise, des représentants syndicaux n'ont pas hésité à convier quelques jeunes, postés en marge de la manifestation, à se joindre à eux. « Il faut que nous restions unis, lâche un CGTiste. C'est notre avenir à tous qui est en jeu. » Les cheminots l'ont, eux aussi, parfaitement compris. Bien que la réforme des retraites ne les concernera qu'en 2017, ils ont tenu à faire bloc avec les manifestants. « Le gouvernement a été assez malin pour ne pas mettre tout le monde dans le même panier mais il n'empêche que les régimes spéciaux seront, à leur tour, bientôt remis en cause. C'est pourquoi nous avons décidé de ne pas rester immobiles », déclare David qui défend le droit de pouvoir profiter de sa retraite en pleine santé.
Au même titre que les salariés du bâtiment. Une partie des ouvriers du chantier du Louvre, à l'arrêt depuis lundi matin suite à une action de blocage menée par la branche construction de la CGT, n'a d'ailleurs pas hésité à rejoindre le mouvement intersyndical.
Un peu avant midi, les syndicats se félicitaient du succès de cette mobilisation qui a « rassemblé bien plus de salariés du privé que les fois précédentes ». w
Au neuvième jour de grève à la SNCF, les assemblées générales de cheminots s'annoncent aujourd'hui déterminantes pour la suite du mouvement. Pendant ce temps, les organisations étudiantes tentent de mobiliser dans les universités. Les syndicats de cheminots veulent convaincre leurs troupes de poursuivre la grève. Alors que se profile ce matin le neuvième jour de la grève initiée mardi dernier à la SNCF, les assemblées générales d'aujourd'hui s'annoncent décisives chez les cheminots. Ceux-ci ont été de nouveau impliqués hier dans des actions coup de poing (ci-dessous), mais les syndicats reconnaissent que le mouvement commence à « peser sur les bourses ». Hier à Lille, la reconduite de la grève a été votée à l'unanimité mais le leader de la CGT locale, Gilles Sengez, admet que ce sera « difficile » pour aujourd'hui. « On n'est pas pour l'arrêt ni la suspension, avance-t-il. Mais on s'attend à une chute du nombre de grévistes. » Pour la CFDT-Fgaac, Fabian Tosolini note que « certains ayant déjà perdu près de 1 000 E, il est naturel que des doutes émergent ». À la CGT, certaines fédérations ont proposé hier, lors d'une réunion interprofessionnelle, de soutenir financièrement les cheminots. Une idée repoussée par Gilles Sengez : « Je suis contre la grève par procuration. Si certains veulent aider, qu'ils se mettent en grève. » Hier, 57 % des conducteurs et 55 % des contrôleurs étaient en grève dans la région, contre 47 % et 49 % lundi. Des chiffres en recul par rapport aux 60 à 70 % de la semaine dernière. Le trafic SNCF est donc en amélioration aujourd'hui dans la région, avec 55 % des liaisons TER assurées et trois TGV Nord sur 4. La question du blocage en débat chez les étudiants à Lille 1 et Lille 3. Jusqu'ici, les étudiants sont restés plutôt discrets dans les manifs, même s'ils étaient plus nombreux dans le cortège lillois, hier. La question du blocage des universités se posera aujourd'hui lors d'assemblées générales organisées ce midi à Lille 1 et Lille 3. Un rassemblement réunissant étudiants et lycéens doit avoir lieu à 14 h place de la République à Lille. Demain sera une journée nationale d'action spécifique pour les jeunes : de nouvelles manifestations seront organisées.wBRUNO RENOUL
Tractage au CRT de Lesquin, blocus d'Arras, siège de l'usine Roquette de Lestrem, opérations escargots... Les syndicats ont renouvelé hier leur stratégie consistant à multiplier les opérations coup de poing visant à asphyxier l'économie. Blocage de l'usine Roquette à Lestrem. Près de 200 personnes ont bloqué hier le site industriel du groupe Roquette, qui emploie 2 700 salariés à Lestrem, à l'initiative du syndicat local de la CFDT et avec le renfort de cheminots de la CGT. Les entrées et sorties des camions ont été perturbées entre 7 h et 9 h. Tractage au CRT de Lesquin : nombreuses perturbations routières et dissensions entre syndicats. Opération intersyndicale hier dès 7 h au centre régional de transport de Lesquin : Sud-Rail, CFDT, CGT et des membres de la CNT ont distribué des milliers de tracts sur un des ronds-points donnant accès à la plate-forme logistique. La circulation a été très fortement perturbée sur l'A22, l'A23 et la RN227, ainsi que sur le réseau secondaire. Des divergences sont apparues entre manifestants : la CFDT, contestant le jusqu'au-boutisme de certains éléments du groupe, a levé le camp vers 9 h 30 pour occuper un autre secteur du CRT. « Bloquer totalement, ça n'a pas de sens, on est là pour faire de la pédagogie », s'est agacé Fabian Tosolini, de la CFDT-cheminots. L'opération s'est achevée peu avant 11 h. Les entrées et sorties d'Arras paralysées. La préfecture du Pas-de-Calais a été soumise à rude épreuve hier matin : l'ensemble des axes permettant d'entrer et sortir de la ville ont été bloqués par des manifestants entre 6 h et 7 h. Les conditions de circulation ont été catastrophiques dans le secteur jusqu'en début d'après-midi. De nouvelles opérations escargots. L'opération escargot semble très prisée des syndicats, qui ont multiplié ce type d'action hier après-midi. Notamment sur l'A16 entre Boulogne et Dunkerque, l'A26 à proximité du port de Calais, mais aussi sur l'A1 à hauteur d'Hénin-Beaumont, l'A21 entre Douai et Aix-Noulette et l'A2 à hauteur de Denain. La grève reconduite sur le chantier du Louvre-Lens. La CGT a annoncé hier la reconduction du mouvement de grève initié lundi sur le chantier du Louvre-Lens. Là encore, un lieu stratégique et symbolique... Ce type d'actions coup de poing devrait se poursuivre d'ici à la fin de la semaine. Près de 70 stations-service en rupture de carburant dans la région. S'il est difficile de savoir en temps réel où on peut s'approvisionner en carburant, le site carbeo.com évaluait hier soir à près de 70 le nombre de stations-service fermées ou en rupture de carburant dans la région.wB.R.



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bdxethike : bons débuts
Abde : Perdu d'avance. Mélenchon sera le candidat gagnant...
sofia : a sa nouvelle compagne???? j aimerais voir a quoi ressemble...
VIGILANT : Ne laissons pas une fois de plus Thierry LAZARO se faire...