Seize Roms interpellés hier dans leur campement près de Lens
Publié le mercredi 18 août 2010 à 06h00
Hier matin, 16 Roms installés illégalement sur un terrain à Harnes ont été interpellés puis auditionnés par la police aux frontières (PAF).
Déclarés en situation irrégulière, ils ont obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois.
Quatorze hommes et deux femmes ont été interpellés hier matin, vers 7 h, dans leur campement situé à Harnes. L'opération de police s'est déroulée dans le calme. « On s'attendait à ce que ça arrive un jour ou l'autre, la police est venue souvent ici », témoigne l'une des femmes restées sur place. En milieu d'après-midi, les forces de l'ordre sont venues recenser les personnes restantes, photographiant chaque femme, chaque enfant et les auditionnant l'un après l'autre.
Cette intervention fait suite à une plainte déposée par la commune d'Annay-sous-Lens, propriétaire du terrain occupé par ces familles depuis septembre 2009.
« Nos services sont intervenus afin de vérifier la réalité de cette plainte et la régularité de la situation de ces personnes au regard de leur droit au séjour », indique la préfecture du Pas-de-Calais. Déclarés comme n'étant « pas en règle », les 16 Roms placés en garde à vue ont été libérés en fin de journée avec obligation de quitter le territoire français (OQTF) dans un délai d'un mois. « Nous leur donnons la possibilité de faire valoir leur droit au retour volontaire sans passer par des mesures de rétention administrative », souligne la préfecture, qui n'hésite pas à évoquer des procédures similaires opérées en juin dernier à Wimille et à Hénin-Beaumont. « La plupart sont repartis en Roumanie ».
« Mais combien reviennent ?, rétorque Philippe Duquesnoy, le maire de Harnes. Ce sont des citoyens européens qui ont quitté leur pays pour des raisons d'insécurité. Ils ne vont pas y retourner comme ça. » « On est en train d'exploiter la misère humaine à des fins politiques », tempête encore l'édile qui tente depuis plusieurs mois de faciliter le quotidien de ces familles. Celles-ci ont été domiciliées au CCAS, ont eu accès à l'épicerie solidaire de la commune et recevaient de la nourriture des Restos du coeur. Pour l'ARÉAS (l'association qui vient en aide aux gens du voyage et aux Roms), la coopération avec la municipalité était d'ailleurs « très bonne » : « La difficulté, c'est que ces familles sont installées ici depuis des mois. Elles ne sont pas préparées à partir, et cette "évacuation" leur tombe dessus du jour au lendemain ».
Très sensible à la situation précaire des Roms, le maire de Harnes est loin de jeter la pierre à Michèle San Vincente, la maire d'Annay et comprend sa décision : « Ce n'est ni une solution de les expulser, ni de les laisser là où ils sont avec des conditions de vie difficiles. Nous sommes confrontés à un véritable problème humanitaire ».w
CÉLINE DEBETTE ET MARIE GOUDESEUNE



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