Le fabricant de textile Tissavel attend les retombées asiatiques
Publié le mardi 27 juillet 2010 à 06h00
Lors de son dernier défilé de mode à la Fashion Week de Paris, les mannequins de la maison Chanel portaient les fourrures Tissavel. Photo DR
En redressement depuis octobre, Tissavel compte sur son nouveau partenaire chinois pour acquérir de nouveaux marchés. Et aussi sur une décision favorable du tribunal de commerce pour se relancer.
HUGUES BALLOIS > hugues.ballois@nordeclair.fr
L'euphorie ? Certainement pas. Et ce malgré une audience, le 20 juillet au tribunal de commerce de Roubaix-Tourcoing, qui s'est bien passée. On notera à l'issue de celle-ci le soutien de l'administrateur judiciaire de Tissavel. Convaincu que le leader de la fourrure synthétique et fabricant de textiles techniques peut sortir d'une situation de crise. Placée en redressement depuis le mois d'octobre, la société neuvilloise avait obtenu, en avril, une prolongation de six mois pour préparer son plan de continuation.
Mardi, l'audience intermédiaire a permis de faire le point sur les prises de commandes, les ventes de terrains (8 800 m² viennent d'être vendus au propriétaire du CIT de Roncq, ndlr), et surtout les futures retombées du partenariat engagé avec l'entreprise chinoise Donglim Veltex.
« Lors de cette audience, l'administrateur a rappelé que tout est en chantier, que l'accord avec les Chinois doit être mis en place, que les retombées financières des ventes de terrains doivent arriver, explique Martine Lannoy, représentante du personnel et comptable chez Tissavel.
L'objectif lors de la prochaine audience, en septembre, c'est d'obtenir un délai exceptionnel de prolongation de six mois. » Parce que pour elle, l'avenir de Tissavel passe « par la réussite des objectifs fixés ».
Chanel, Dior... adeptes
de la fourrure neuvilloise
L'un d'eux, « c'est sortir une collection le plus rapidement possible avec en ligne de mire le salon Première Vision à Paris en septembre » , espère-t-elle. L'entreprise souhaite également créer une collection commune avec son partenaire chinois pour le marché international.
« Tissavel et Veltex sont des marques, là, il faudra lui trouver un nouveau nom. Il n'y aura pas de concurrence », explique Martine Lannoy. Tout comme entre Tissavel et Veltex. « Pour les produits chinois, c'est nous qui décidons où nous les présentons, affirme-t-elle.
Et Donglim fait la même chose pour ses marchés. » Grâce à ce partenariat, l'entreprise de Neuville-en-Ferrain a obtenu une licence pour la vente de ses produits en Asie et l'exclusivité de distribution de certains produits chinois en Europe. Sans que la qualité de la marque Tissavel en pâtisse. « Donglim nous fournit les rouleaux de matière brute.
Leur société a les mêmes fournisseurs que nous, mais compte tenu du volume de leurs commandes, on gagne 30 à 40 % sur le prix de revient, argumente Martine Lannoy. Nous, on s'occupe de l'impression et de la finition. Les Chinois veulent du "made in France". » Et ce « made in France », Tissavel compte dessus pour retrouver une santé financière. Même si l'entreprise accusait un résultat net négatif de près de 3 millions d'euros en 2008, « on a réussi à raccrocher La Redoute avec la collection Taillissime de Marianne James. La maison Dior revient aussi, comme Chanel. » Des clients très importants. Mais suffisants ?w


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