L'école de pilotage est dans le brouillard...
Publié le mardi 20 avril 2010 à 06h00
Les 200 pilotes stagiaires de Merville apprennent à voler sur des appareils à hélice mono et bimoteurs. Leur formation pratique est perturbée. Photo DR
Les voyageurs ne sont pas les seules victimes du nuage islandais, qui paralyse le trafic aérien. Au centre d'enseignement supérieur aéronautique, à Merville, les pilotes stagiaires sont eux aussi pénalisés par un principe de précaution jugé « extrême » par leur directeur.
GAËLLE CARON > gaelle.caron@nordeclair.fr
Ici pas de voyageurs pendus au téléphone confirmant à leurs patrons qu'ils ne seront pas au bureau demain matin ou à leurs enfants qu'ils devront rester encore un peu chez mamie. Non, vraiment pas de voyageurs en colère, mais des pilotes stagiaires plantés au sol, attendant de pouvoir reprendre le cours normal de leur formation, à l'école Amaury de la Grange, jouxtant l'aérodrome de Merville, dont la fermeture a été ordonnée jeudi.
« Nous avions interdiction de faire décoller nos avions à hélice, qui volent à basse altitude, alors que le nuage est dangereux pour les avions à réaction. À moins d'aller tourner en Islande autour du volcan, il n'y a pas d'inconvénient. C'est un principe de précaution extrême, totalement disproportionné », estime Didier Guy, le directeur de l'école, qui est intervenu auprès des autorités et a réussi à les convaincre d'assouplir les mesures draconiennes de sécurité. Depuis samedi matin, élèves et instructeurs ont à nouveau la permission de travailler dans le ciel, mais leur satisfaction est relative. Pas question pour eux de pratiquer des vols avec des instruments de navigation (horizon artificiel, balises, radio-émetteurs). Ils doivent en effet se contenter de vols à vue. Autrement dit, la situation ne s'est pas arrangée. « Les vols à vue sont dépendants des conditions météorologiques. Ce matin (hier, ndlr) par exemple, ça n'a pas été possible parce qu'il y avait trop de brouillard. Et puis notre formation comprend nécessairement des heures de vol aux instruments. C'est un retard pénalisant pour les pilotes », commente Didier Guy, d'autant plus agacé qu'à quelques kilomètres de Merville, outre-Manche, les règles du jeu ne sont pas les mêmes. « L'Angleterre a eu l'intelligence de moduler et de ne pas fermer son espace aérien à l'aviation légère. L'école d'Oxford par exemple fonctionne sans contrainte. » En plus des trous d'air dans sa formation, le directeur du centre Amaury de la Grange, qui emploie 120 personnes dont 35 instructeurs, doit aussi assumer les conséquences économiques de la crise aérienne. « On maintient en place des moyens de production humains et matériels, qui commencent à coûter cher. Ce qui m'inquiète le plus c'est combien de temps ça va durer ? Un volcan peut cracher longtemps... », déplore Didier Guy, philosophant avec ironie : « Le vol le plus sûr est celui qui n'a pas lieu. »w
Les interdictions de voler touchent presque tout le monde... de manière inégale. Chez le Belge Abelag (aviation d'affaires), on se plaint des différences entre France et Belgique. À Lesquin, les petits appareils peuvent voler, enfin. Hier, Francis Bocquet a pu sortir son appareil pour un vol au-dessus de Lille. Ce pilote de Lesquin, photographe aérien, a pu profiter des autorisations données aux petits appareils qui volent à vue et à basse altitude dans la zone contrôlée de l'aéroport de Lille. Son petit monomoteur n'est pas soumis aux mêmes règles que les avions à réacteurs. Alors tant que la météo et la réglementation sont de la partie, il en profite pour travailler. « Qu'en sera-t-il des jours prochains ? Dieu seul le sait », glisse-t-il. Les soucis viennent parfois d'ailleurs. Il devait rendre un dossier pour un client potentiel hier à midi. « On l'a fait juste à temps : mon partenaire était bloqué en Croatie », indique le pilote. De l'autre côté de la frontière, à Courtrai, dans la compagnie d'aviation d'affaires Abelag, qui travaille essentiellement pour une clientèle franco-belge, Luc Olivier fait ses comptes. « C'est un désastre », lâche le directeur des ventes. Un avion est bloqué en Islande, un autre à Dubaï. Les autres sont maintenus au sol à Courtrai ou Bruxelles. Un avion médical spécialement affrété pour des rapatriements sanitaires a pu partir hier d'Allemagne pour les Antilles, « après une journée de négociations avec les pouvoirs publics », explique Luc Olivier, qui s'étonne aussi des « différences de législation en France et en Belgique » . « C'est difficile pour nous car la période avril-juin est très importante pour l'aviation d'affaires », poursuit le dirigeant. « En vingt ans d'aviation, je n'ai jamais vu ça », ajoute le Flamand qui, même si la situation est « grave », conserve un certain sens de l'humour : « Un Britannique m'a demandé comment le "ash flow" (flux de cendres, en anglais) affectait le "cash flow" ». Désormais, il connaît la réponse : c'est de l'argent qui part en fumée.w MATHIEU HÉBERT


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bdxethike : bons débuts
Abde : Perdu d'avance. Mélenchon sera le candidat gagnant...
sofia : a sa nouvelle compagne???? j aimerais voir a quoi ressemble...
VIGILANT : Ne laissons pas une fois de plus Thierry LAZARO se faire...