Pour des transports gratuits
Publié le dimanche 06 décembre 2009 à 06h00
Hier à Lille, le collectif pour la gratuité des transports en commun, qui regroupe le PCF et divers mouvements de gauche, a symboliquement privatisé une partie de la rue de Béthune.
CINDY HUBERT > lille@nordeclair.fr
« Payez votre trottoir ! Plus personne ne marche gratuitement à partir d'aujourd'hui », s'égosille Évelyne Rodde, le front barbouillé de noir et un képi sur la tête. Déguisée pour deux heures en contrôleuse de « Transpottoire », une société fictive inventée pour l'occasion, la militante de la Gauche Alternative verbalise les passants de la rue de Béthune, aidée par une quinzaine de membres du Comité pour la gratuité des transports lillois. Composé de sympathisants du Parti communiste, des Alternatifs, du Parti de Gauche et de la Gauche Alternative, le comité veut défendre par cette action de rue, la mise en place de transports en commun entièrement gratuits.
Au milieu de rubalise et de cônes de trafic, Laurent Lefebvre, militant communiste, s'enthousiasme : « Rendre les transports en commun gratuits, c'est possible : l'intercommunalité d'Aubagne, qui regroupe plus de 100 000 habitants, l'a fait. Pour une métropole comme Lille, ce serait vraiment innovant. » Dommage pour le collectif, la communauté urbaine n'est pas vraiment pour cette gratuité, notamment les élus des Verts. « Ils se positionnent à partir d'une étude qui conclut à une augmentation de la fréquentation des transports en commun, mais pas de baisse du trafic routier dans le cas d'une gratuité », explique Pierre-Yves Pira (des Alternatifs), tout en récusant l'étude.
Des passants parfois agacés
Autre revendication du collectif : la création d'une régie 100 % publique des transports en commun lillois, dont la gestion ferait selon ces militants économiser de l'argent aux contribuables lillois. Pour le collectif, c'est bien Transpole et ses bénéfices, que le PCF estime à 3,2 millions d'euros, qui sont en ligne de mire.
Laurent Lefebvre regrette encore que le décret de janvier 2009 obligeant l'employeur à rembourser une partie des frais de transport en commun à ses salariés, soit si peu appliqué. Parfois agacés, certains passants se laissent pourtant verbaliser. « Le métro gratuit, ce serait écolo » , soutient encore François Duriez, étudiant en Histoire. À quelques jours du sommet sur le climat à Copenhague, le comité a joué avec le calendrier pour médiatiser son action.w





