Le seul taxi est en sursis
Publié le mardi 03 novembre 2009 à 06h00
Installé depuis février, Franck Maréchal, le taxi de la commune, déchante. Non conventionné, il ne peut prendre en charge des patients.
HUGUES BALLOIS > hugues.ballois@nordeclair.fr
Se mettre à son compte. À 35 ans, Franck Maréchal a franchi le pas. Ancien chauffeur-routier, il devient, en février 2009, chauffeur de taxi indépendant. Pour y parvenir, il passe et obtient en 2007 les concours national et départemental pour exercer (lire l'encadré) . Franck Maréchal s'inscrit alors sur la liste d'attente de la mairie pour obtenir une autorisation d'implantation. Ça tombe bien, depuis un an, il n'y a plus de taxi à Neuville-en-Ferrain. De surcroît, « une plaque » est disponible. L'emplacement réservé, face à l'espace Fernand-Lecroart, devient donc officiellement son lieu stationnement. Bien qu'il ne reste pas des heures à attendre le client. Le chaland, à Neuville, ne court pas les rues.
Mais quand il s'est installé, Franck, lui, comptait également sur une autre « clientèle » : les malades. Ceux dont le transport médical est pris en charge par la CPAM et qui préfèrent passer par un taxi plutôt qu'une ambulance. Seule obligation : être conventionné. Ce qui permet aux patients de ne pas débourser la course et au chauffeur d'être payé directement par la Sécu. Oui mais voilà, une nouvelle réglementation est entrée en vigueur. « Aujourd'hui, il me faudra deux ans d'exploitation pour obtenir mon conventionnement, fait remarquer Franck. Avant le mois de juillet, je pouvais donner une facture au client et ça passait auprès de la Sécu. Mais depuis, je suis obligé de refuser ce type de client et ce sont les autres taxis conventionnés aux alentours qui en profitent. »
53 E pour le parking
L'ancien chauffeur-routier était loin d'imaginer ces complications. Loin de penser à mettre la clé sous la porte, surtout. « À Neuville et aux alentours, il y a des maisons de retraite, les pôles médicaux où il y a une grosse demande. Et là j'arrête pas de refuser des gens, se désole-t-il. Tout ce qui me reste à faire, c'est attendre février 2011 pour obtenir mon conventionnement, pas sûr que je tienne jusque-là. » Bien sûr, Franck ne comptait pas exclusivement sur cette clientèle. Mais « elle m'assurait un revenu d'appoint avant de fidéliser les particuliers, argumente-t-il. Attendre sur Neuville, ça ne sert à rien même si je paye 53 E par an pour stationner mon taxi. » Aujourd'hui, Franck espère encore. Il fera une demande auprès de la Sécurité sociale pour obtenir une dérogation et envisager peut-être l'avenir plus sereinement. En attendant, « c'est dur », lâche ce grand gaillard, un peu agacé par la situation. « Je voulais me lancer un défi et être patron et quand on est de l'autre côté, on voit les choses différemment. »w Franck Maréchal au 06.62.59.08.46.




