La bible du centenaire
Publié le samedi 26 septembre 2009 à 06h00
Depuis début septembre, le Grand Boulevard a son livre, co-signé par Jacques Desbarbieux et Hubert Hennart, deux Monsois passionnés par l'histoire centenaire de l'axe métropolitain.
SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Entamer une discussion autour du Grand Boulevard avec Jacques Desbarbieux requiert au moins une condition préalable : avoir bloqué sa soirée et accepter l'augure d'une promenade dont on sait où et quand elle commence mais pas où et quand elle finit. De Mons-en-Baroeul où il vit, ce médecin voue une passion insatiable à l'axe monumental de la métropole. Mieux, il en connaît les secrets, répartis sur cent ans d'histoire et 14 kilomètres de longueur.
Qui se souvient par exemple qu'au début du siècle existait, au parc de Barbieux à Roubaix, un vélodrome où arrivait à l'époque la reine des classiques cyclistes ? Qui sait encore que c'est à Tourcoing que le message de la BBC annonçant le débarquement de Normandie fut capté par l'armée allemande ?
« Sélectionner
a été le plus dur »
Jacques Desbarbieux, lui, sait tout ça et bien plus. Tant d'anecdotes, d'histoires de vies et de transports amoureux valaient bien un livre, qui vient de sortir aux éditions Alan Sutton. Avec son complice Hubert Hennart, propriétaire d'une impressionnante collection de cartes postales d'époque, le Monsois a reconstitué le siècle du Grand Boulevard en mettant en regard les photos d'époque avec les vues d'aujourd'hui. « On a lancé l'idée il y a pile un an. Le but était de faire un lien entre le passé et le présent, un dialogue entre les deux époques », explique-t-il.
L'éditeur est en effet connu pour ses collections de livres à base d'image d'archives. Mais Jacques Desbarbieux et Hubert Hennart veulent plus : « Sutton venait de lancer une nouvelle collection, "Regards croisés", qui mêle archives et photos contemporaines. On a trouvé que le sujet s'y prêtait bien. »
L'aventure était lancée. Ne restait plus qu'à sélectionner les vues les plus représentatives du Grand Boulevard, trouver les images les plus parlantes de la richesse urbanistique et architecturale des lieux. « Sélectionner, ça a été le plus dur », convient l'auteur. Il y avait la matière pour deux volumes. Au moins.
Un an plus tard, le résultat est saisissant. Dans Le Grand Boulevard, Lille-Roubaix-Tourcoing, les vis-à-vis montrent à quel point le temps a passé, le paysage a changé, comme sur le secteur de la percée des remparts entre Lille et La Madeleine, ou encore au Croisé-Laroche, perdu au milieu des champs en 1909. On y devine combien l'automobile s'est finalement rendue maîtresse du Grand Boulevard. Mais des clins d'oeil de l'Histoire en noir et blanc ou en sépia se glissent aussi ça et là, au gré des 128 pages du livre, comme ces précurseurs circulant déjà à bicyclette sur une voie réservée au niveau du Buisson.
Et si un, siècle plus tard, on revenait à un meilleur partage de l'espace sur le sillon métropolitain, maintenant que le flot de la circulation a été relégué sur la voie rapide urbaine ? « Revenir aux origines, ce serait l'idéal. Non pas qu'il faille exclure la voiture. Mais au départ, le Grand Boulevard faisait de la place pour tout le monde... » insiste Jacques Desbarbieux. Car pour lui, si son livre a une utilité, ce serait bien celle-ci : s'inspirer de l'intelligence des pères fondateurs pour que le Grand Boulevard soit, comme il y a 100 ans, un vecteur de vivre-ensemble.





