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HALLUIN / HALLUIN

« Il faut aller plus loin »

Dioxines et PCB : l'étude menée par ATMO a beau être rassurante, elle n'apporte pour l'heure aucune réponse au monde agricole sur l'origine des contaminations du lait déplorées ces deux dernières années.



ANGÉLIQUE DA SILVA-DUBUIS > angelique.dasilva@nordeclair.fr
Alors que la Commission locale d'information et de sécurité (CLIS) de l'incinérateur d'Halluin se réunit aujourd'hui, l'étude demandée par le Préfet suite au dépassement du taux de PCB dans cinq exploitations du secteur en 2007 et 2008, dont celle de M. Delebecque, à Bousbecque, en novembre dernier, vient d'être rendue publique. Les mesures d'air réalisées sur le secteur d'Halluin-Roncq tendent à prouver que les pollutions sont liées à des incidents ponctuels et mettent le Centre de valorisation énergétique (CVE - incinérateur) d'Halluin hors de cause. Ces données montrent toutefois une concentration en dioxines, furanes et PCB légèrement supérieure à la moyenne nationale.
Le caractère ponctuel a beau être rassurant, il n'en demeure pas moins lourd de conséquences pour les agriculteurs qui voient régulièrement leurs productions anéanties. Pour Pascal Delefortrie (FDSEA), cette étude ne résout pas le problème agricole : « On ne sait toujours pas d'où cette pollution est venue ». Il souligne toutefois la volonté de transparence des différentes autorités. « C'est un problème grave. Je pense qu'il y a un grand chantier à mettre en place pour connaître l'origine de ces pollutions. Il faut aller plus loin. Il faudrait disposer d'un réseau de surveillance capable d'émettre un signal d'alerte quand il y a des risques pour les bêtes et les fourrages. »


La préfecture annonce
un plan d'actions

Pour André Delebecque, l'agriculteur dont la production de lait a été mise à l'arrêt durant quatre semaines l'hiver dernier, l'énigme reste entière.
« Visiblement cette étude ne montre pas de choses flagrantes. Je ne sais pas s'il faut s'en satisfaire ou pas. Il aurait été judicieux de faire des analyses sur les aliments, cela aurait permis de cibler les périodes de contamination », explique-t-il. À ce jour, il n'a perçu aucune indemnisation. Comme beaucoup, il attend que cette étude soit confrontée aux relevés du CVE présentés ce jour par la CLIS.
La Préfecture n'entend pas en rester là. Elle annonce un plan d'actions s'appuyant sur l'ensemble des données disponibles sur le secteur. Il sera présenté courant avril. D'ici là, les vaches auront retrouvé leurs pâturages.

ÉCLAIRAGE

Aucune valeur de référence Le bruit de fond observé par les scientifiques, qualifié de peu élevé, serait lié à des pollutions ponctuelles dont on ignore précisément la source. Elle peut être industrielle, domestique, routière, et peut également s'expliquer par des brûlages sauvages (câbles, matières PVC...) formellement interdits. Les normes en matière de rejets de dioxines, PCB et furanes concernent exclusivement les installations classées, sous le contrôle de la DREAL (anciennement DRIRE). Les principales voies d'exposition aux dioxines, aux furanes et aux PCB sont digestives, cutanées et respiratoires. La contamination des dioxines s'opère à 95 % par voie d'ingestion et 5 % par voie respiratoire. Il n'existe aucune valeur de référence pour les dioxines et furanes dans l'air ambiant. Des seuils réglementaires sont définis par arrêtés, uniquement pour les émissions liées à l'incinération de déchets. L'Organisation Mondiale de la Santé définit une dose journalière admissible, par voie d'ingestion, de 1 à 4 pg I-TEQ OMS par kg de poids corporel par jour, 4 étant la valeur à respecter et 1 l'objectif à atteindre. Cette dose journalière a été étendue aux PCB DL.


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