Gérard Dalongeville sur le gril

Publié le 16/12/2008 à 00h00

Le maire socialiste d'Hénin-Beaumont connaît des jours plutôt sombres. Depuis que la Chambre régionale des Comptes l'a prié cet été de sortir la Ville du bourbier de dettes dans lequel elle s'est empêtrée. Mais surtout depuis qu'une enquête préliminaire est ouverte au parquet de Béhune pour des suspicions de malversations, détournements de fonds publics ou emplois fictifs...

Gérard Dalongeville sur le gril
Le maire socialiste d'Hénin-Beaumont connaît des jours plutôt sombres. Depuis que la Chambre régionale des Comptes l'a prié cet été de sortir la Ville du bourbier de dettes dans lequel elle s'est empêtrée. Mais surtout depuis qu'une enquête préliminaire est ouverte au parquet de Béhune pour des suspicions de malversations, détournements de fonds publics ou emplois fictifs...

"Brutus", "monsieur 85%"... Gérard Dalongeville s'est fait autant de sobriquets que d'ennemis depuis son arrivée fracassante en 2001. L'homme a beau s'être trouvé des parrains de choix jusqu'à François Hollande himself, il n'en demeure pas moins un homme de gauche mal aimé dans la maison socialiste. Daniel Duquenne, ancien collègue de la majorité héninoise, figure au rang des rancuniers qui lui cherchent des noises depuis sa sortie fratricide contre Darchcicourt en 2001. Le FN local mené par le duo de choc Marine le Pen-Steeve Briois ne le ménage pas non plus.

Et le grain à moudre ne manque pas. En 2003 déjà, pour résorber un déficit budgétaire de 12 millions d'euros, Gérard Dalongeville s'était résigné à augmenter de façon colossale les impôts locaux. Ce qui lui avait d'ailleurs valu le surnom de « Monsieur 85 % ». Ce n'était alors que le début de la tourmente. Après le constat d'un nouveau déficit de 12,7 millions d'euros cet été, c'est le préfet cette fois qui est intervenu, obligeant le maire à augmenter la fiscalité locale de 10 %. Dans la foulée était élaboré un plan de sauvetage en quatre actes, prévoyant notamment la réduction des dépenses de fonctionnement.

C'est dans ce contexte de popularité somme toute relative que Gérard Dalongeville doit aujourd'hui répondre aux soupçons de malversations et de détournements que jette sur la trésorerie de la Ville la Brigade financière de Lille mandatée par le procureur de Béthune dans le cadre d'une enquête préliminaire. La "financière" a rendu visite à l'Hôtel de Ville début décembre.

Information révélée par Nord éclair et qui visiblement a gêné l'éxécutif ce matin de jeudi 10 décembre, jour de parution de notre premier article exclusif, mais aussi jour où une véritable razzia sur tous les Nord éclair de tous les kiosques de la ville semble avoir été opérée par des membres du service courrier de la commune. Ne restait plus alors pour les habitants de la ville dépouillés de leur journal qu'à se connecter sur www.nordeclair.fr pour avoir librement accès à nos informations.

Gérard Dalongeville par média interposé s'est expimé, a démenti les soupçons de magouilles, mais n'a toujours pas retrouvé la confiance ni de ses administrés ni de ses pairs. Jusqu'à Alain Alperne, conseiller général socialiste du Pas-de-Calais qui réclame purement et simplement la démission du maire d'Hénin-Beaumont. Dur, dur...

Nord Éclair