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Après l'échec du premier tour, Sarkozy mis en cause dans son camp   

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy, dimanche, tandis qu'ils se rendaient au bureau de vote. Photo : AFP. Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy, dimanche, tandis qu'ils se rendaient au bureau de vote. Photo : AFP.

Au lendemain du mauvais score régional de la majorité, Nicolas Sarkozy, qui exclut tout changement de stratégie, est en butte à des critiques au sein de son propre camp, susceptibles de s'amplifier en cas de confirmation de l'échec le 21 mars.


Dimanche soir, les ministres se sont appliqués à défendre le chef de l'Etat, refusant de voir dans le succès de la gauche un « vote sanction » contre lui. « Il est où le vote sanction ? », a demandé le responsable de l'UMP, Xavier Bertrand.

« Le grand gagnant, c'est l'abstention »

Au centre de l'argumentaire des ténors de la majorité, réunis dimanche vers 18H00 autour de Nicolas Sarkozy: la crise économique qui favorise la contestation, la prime aux sortants et surtout la forte abstention.
« Le grand gagnant, c'est l'abstention », a assuré la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet. « Cela détruit l'argument de la gauche, qui a voulu faire de ces élections un référendum anti-Sarkozy ».

A les croire, il n'y a donc aucune raison pour que le chef de l'Etat change son fusil d'épaule et arrête le train des réformes. Il a lui-même évoqué une pause mais « pas avant le second semestre » de 2011.

Dati demande le retour aux « fondamentaux » de l'UMP

Pourtant le front des défenseurs de Nicolas Sarkozy a commencé à se fissurer et la brèche pourrait se creuser si la gauche transforme l'essai dimanche. « Il faut qu'on reprenne nos fondamentaux », prévient Rachida Dati. Une intervention de l'ancienne garde des Sceaux qui passe mal. « Il s'agit visiblement d'une opération de promotion personnelle », grince un ministre.

Chez les députés qui ne font pas partie du premier cercle, le mécontentement, à deux ans des présidentielle et législatives, est encore plus perceptible. « Il est indéniable qu'une partie de l'électorat de la majorité, en n'allant pas voter, a exprimé son mécontentement » face à certaines « décisions gouvernementales très mal perçues », s'alarme l'élu UMP souverainiste des Yvelines, Jacques Myard. Dans son viseur: l'ouverture à gauche. Il y a une « exaspération », renchérit son collègue des Alpes-Maritimes Lionnel Luca, inquiet d'un « strabisme présidentiel de gauche ».

Boutin veut le retour des « valeurs de la droite décomplexée »

Les réserves viennent aussi des alliés de l'UMP. L'ancienne ministre chrétienne-démocrate Christine Boutin réclame un retour aux « valeurs de la droite décomplexée », colonne vertébrale de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, citant « la liquidation de Mai 68 ».

A ce stade, la stratégie de rassemblement de premier tour portée par le président - UMP, chasseurs, centristes, villiéristes - qui n'a pas porté ses fruits, n'a pas été attaquée ouvertement. Mais elle pourrait aussi prendre l'eau. Avant le premier tour, Hervé Morin, ministre de la Défense (Nouveau Centre) s'était ainsi interrogé sur la pertinence de listes uniques de la majorité, ce qui lui avait valu illico une sèche remontrance de François Fillon.

Peu de changement en vue, sauf Bachelot

Pour éviter que le climat ne dégénère, le chef de l'Etat va-t-il aller au-delà des simples « adaptations gouvernementales » qu'il évoquait avant le premier tour? Le Premier ministre est assuré de le rester et, selon une source proche de l'Elysée, aucun des ministères régaliens -Justice, Défense, Intérieur- ne changera de titulaire. Bernard Kouchner, dont on dit qu'il n'est plus très bien vu à l'Elysée, ne devrait pas bouger. « Qu'est-ce qu'on ferait de lui? », tacle un proche du président.

Finalement le seul portefeuille d'importance qui pourrait changer de mains est la Santé. Roselyne Bachelot a été fragilisée par sa gestion de la grippe A et la défection des médecins, électorat traditionnel de la droite, lui est fortement imputée.


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