Appuyées par des chars et des blindés, les forces loyales au président Bachar al-Assad ont lancé hier avant le lever du jour une offensive terrestre d'envergure. Elles auraient réussi à pénétrer le principal quartier dissident d'Alep, Salaheddine. Cette offensive intervient au lendemain de la promesse du président Bachar al-Assad de « purger » le pays des « terroristes », un terme que son régime utilise pour désigner les rebelles.
« Nos forces armées ont pris le contrôle total de Salaheddine, infligeant aux groupes terroristes des pertes sévères » , a déclaré une source officielle citée par l'agence Sana. Selon cette source, « des dizaines de terroristes ont été arrêtés, d'autres se sont rendus en déposant leurs armes » et « de grandes quantités d'armes utilisées par les terroristes pour terrifier les habitants et commettre des assassinats contre les forces de l'ordre ont été saisies ».
Le colonel dissident Abdel Jabar Oqeïdi a confirmé « une attaque barbare et sauvage du quartier », ajoutant toutefois qu'« il est faux de dire que l'armée du régime a pris le contrôle total du quartier ».
Contre-offensive des rebelles
En milieu d'après-midi, les rebelles syriens ont affirmé avoir repris une partie du terrain perdu quelques heures plus tôt après avoir reçu le renfort de 700 combattants venus de Sukkari (sud), Bustane al-Qasr (centre), Chaar et Hanano (est). « Nous avons lancé une contre-offensive et repris trois des cinq rues perdues », a affirmé Wassel Ayoub, commandant de la brigade Nour al-Haq de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles).
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), a indiqué que l'armée avait détruit deux écoles servant de base aux rebelles. « Il s'agit des combats les plus féroces autour du quartier » depuis le début des affrontements à Alep le 20 juillet, selon l'OSDH.
600 cratères d'obus
L'armée a acheminé 20 000 hommes pour mener cette bataille cruciale pour le régime, confronté mi-mars 2011 à une révolte qui s'est militarisée au fil du temps face à la répression brutale. Amnesty International a dénoncé la violence des bombardements des derniers jours en s'appuyant sur des images satellitaires, qui montrent plus de 600 cratères formés par l'impact d'obus à Alep et dans la petite ville voisine d'Anadane.
Ailleurs dans le pays, l'armée continue de bombarder la province de Homs (centre), la ville de Deir Ezzor (est), et des villages kurdes dans la province de Lattaquié (nord-ouest), selon l'OSDH qui décompte au moins 82 personnes tuées hier (41 civils, 15 rebelles et 26 soldats), dont 34 à Alep.w