Conscient de l'enjeu, le président Bachar al-Assad a affirmé que l'armée livrait une bataille « cruciale » pour le destin du pays, à l'occasion du 67e anniversaire de l'armée. Les violences ont fait 110 morts dans le pays, dont 67 civils, 29 soldats et 14 rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Selon une source de sécurité, cet important clan sunnite, qui a prêté main forte au régime depuis trente ans en échange de nombreux avantages, a promis de se venger en envoyant dans la bataille « plusieurs milliers » de combattants pour lutter aux côtés de l'armée.
Par ailleurs, un combattant rebelle dans le quartier de Salahedine, bastion des insurgés dans l'ouest d'Alep, a affirmé que « les soldats de l'armée régulière ont essayé d'entrer dans notre quartier mais sans succès ».
« Nous sommes 2 000 à Salaheddine, dont seulement 500 sont originaires d'Alep. Le reste vient d'Idleb (nord-ouest) et de la province d'Alep et chaque jour des combattants viennent nous rejoindre », a déclaré « Abou Mossab », joint par téléphone. Le chef des rebelles à Alep, le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, a affirmé que les rebelles étaient au nombre de « milliers », et une source de sécurité syrienne les a estimés à 4 000. Selon le porte-parole des rebelles en Syrie, le colonel Kassem Saadeddine, les insurgés contrôlent « 50% » de la métropole du Nord et la quasi totalité de la province d'Alep.
S'emparer des renseignements
Après la prise symbolique de trois commissariats à Alep, les rebelles semblent déterminés à s'emparer des sièges des services de renseignements.
Pour le général rebelle Abdel Nasser Ferzat, un commandant de l'ASL, « le plus important, c'est la prise des sièges des moukhabarat (renseignements). Si ces sites tombent, la victoire sera possible ».
L'ONU a indiqué pour sa part que l'armée avait recours à des avions de chasse pour tirer sur Alep et que les insurgés possédaient désormais des armes lourdes, dont des chars. L'armée régulière bombarde les quartiers rebelles d'Alep, sans toutefois progresser sur le terrain, après un premier assaut repoussé par les insurgés le 28 juillet.
« Le moral de l'armée est au plus bas, (le régime) sait que s'il fait entrer ses chars au milieu des maisons et des habitants, il y a un risque plus grand de défections », a expliqué le colonel Oqaidi.
Face à la disette qui se profile, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé avoir envoyé une assistance alimentaire à Alep, précisant que « la distribution à 28 000 habitants d'Alep se fera dans les prochains jours ».
Les troupes livrent une bataille « héroïque
» Pour le président Assad, ses troupes livrent une bataille « cruciale » et « héroïque » dont « dépend le destin de notre peuple et de notre nation ». « L'ennemi se trouve aujourd'hui parmi nous, utilisant les agents de l'intérieur comme un moyen pour déstabiliser la patrie, la sécurité du citoyen » , a affirmé le président. Le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la révolte populaire qui a éclaté en mars 2011 et qualifie les rebelles de « groupes terroristes armés » à la solde de l'étranger.
Sur le plan politique, la rébellion a estimé qu'un gouvernement de transition nécessite « un consensus » et « tout projet gouvernemental qui marginaliserait des groupes à l'intérieur du pays » serait voué à l'échec.
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